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 How I wish I'd never dared crossed the roads of nowhere [n.]

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Livia S. Hagebak
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MessageSujet: How I wish I'd never dared crossed the roads of nowhere [n.]   Mer 24 Nov - 23:50


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Elle sentit un picotement parcourir son corps mais n’en éprouva pas le moindre frisson, indifférente à toute chose. La morsure du froid n’agissait plus réellement depuis qu’elle avait poussé son dernier souffle. Elle s’interrogeait même sur la raison pour laquelle elle le sentait. Peut être en raison de la chaleur diffuse des flammes qui s’élevaient lentement face à elle et qui accentuait la différence de température. Pourtant, la chaleur était accablante en ce mois de juillet 1973. Hormis à l’aube comme cet instant précis où les montagnes prodiguaient un climat à la hauteur de leur réputation. Une des flammes lécha la botte en daim de la délicate vampire mais elle ne s’en formalisa pas. Elle ne craignait pas le feu alors qu’il était la seule chose sur cette Terre à pouvoir faire cesser à tout jamais son existence non naturelle. Un autre vampire qu’elle aurait sans doute paniqué, ne serait-ce qu’à l’idée de se trouver aussi près. Mais il n’y avait nulle crainte à avoir lorsque l’indifférence envahissait le corps et que la vie et la mort n’étaient plus que de simples mots sans la moindre importance ou signification. Elle poussa un soupir lorsqu’elle entendit un vacarme assourdissant franchir les arbres un à un pour parvenir jusqu’à elle au bas des Berkshire. Des cris inhumains retentirent dans la même foulée, faisant fuir l’ensemble des êtres alentours. Si les arbres bénéficiaient de jambes, ils auraient sans le moindre conteste prit la fuite dans l’immédiat. Malheureusement pour eux et à l’instar des montagnes, ils allaient être le témoin d’une exécution sommaire et presque gratuite.

Elle se retourna finalement vers la scène de désolation, son regard doré s’arrêtant sur le vampire genou à terre qui avait enfin abandonné toute lutte, se rendant compte qu’il ne saurait jamais venir à bout de ces trois solides sbires de Makkapitew. Il avait également dû remarquer le feu qui gagnait en intensité au fur et à mesure des secondes qui s’égrenaient jusqu’à l’inéluctable. Voilà qu’il se mettait à hoqueter et supplier ses futurs bourreaux afin d’être épargné. Les autres n’en furent que plus violents. « Suffit ! » La voix de Livia claqua dans les airs tandis que dans la seconde qui suivit, elle parcourut la distance qui la séparait du futur supplicié. « Ce n’est peut être qu’un vampire mais respectez le en tant que l’être humain qu’il était. Chacun mérite le respect en ces derniers instants. » Elle vit immédiatement dans le regard de ces sanguinaires qu’ils n’en avaient cure. Une bouffée de colère sourde assombrit l’espace d’un instant ses propres pupilles mais elle parvint à garder le contrôle de ses émotions en les détournant des regards carmins posés sur elle. Livia avait protesté véhément lorsque Makkapitew lui avait demandé de travailler avec des vampires se nourrissant d’êtres humains. L’Ancêtre Commun en avait pris ombrage et n’avait guère apprécié ce mouvement d’humeur. Et pour la première fois depuis qu’elle le servait, elle avait été obligée mentalement de s’exécuter. Et elle devait bien avouer que c’était une sensation désagréable d’être possédée de son libre arbitre. Pour autant, cela ne l’empêchait pas de continuer à penser que Makkapitew avait raison d’agir ainsi.

Elle posa son regard sur le vampire qui leva un regard reconnaissant sur elle. Immédiatement, elle sentit la douleur habituelle lui mordre son cœur. Avec le temps, elle allait s’habituer. C’était ce qu’elle ne cessait de se répéter, même si elle savait qu’il y avait peu de chance. Mais étant donné qu’elle avait l’éternité pour seule horizon, cela allait bien finir par arriver un jour ou l’autre. Elle lui sourit doucement avant de prendre son visage en coupe, caressant du pouce la peau mal rasée de ce vampire errant. Il devait avoir un siècle et demi au compteur. Et encore, elle était généreuse. Toujours est-il qu’il était plus vieux qu’elle et qu’il venait de sortir à peine du statut officiel de nouveau-né. « Je suis désolée. » murmura-t-elle d’un ton si bas que seul pouvaient l’entendre des vampires. « Ton nom est sorti. » Elle renforça sa prise autour du visage du vampire avant de le lui arracher de toutes ses forces. Emportée par l’élan, elle atterrit près du feu et jeta la tête aux traits encore surpris dans ce dernier. Elle recula légèrement tandis que derrière elle, les sanguinaires arrachaient avec une joie malsaine le corps agités de soubresaut du vampire qui ne serait bientôt plus d’ici quelques instants.

Alors qu’elle contemplait la danse lente et hypnothisante des flammes devant elle, elle se figea en sentant une odeur particulière. Elle était encore éloignée et pas suffisamment proche pour que ses comparses ne la remarque. Ces derniers étaient d’ailleurs trop occupés en cet instant précis. Mais que l’un d’entre eux se rende compte qu’ils étaient observés, cela ne saurait tarder. Elle crispa sa mâchoire, baissant la tête, pesant le pour et le contre, se rendant compte que ce qu’elle allait faire aurait des conséquences mais elle ne pouvait courir le risque qu’ils ne remarquent sa présence. Aussi, s’enfonça-t-elle dans l’ombre des arbres en invectivant aux sbires de Makkapitew de terminer le travail. Dès que ce fut fait, elle se précipita vers la source toute proche de l’odeur familière et plaqua Norman contre un des arbres avec délicatesse, faisant le moins de bruit possible. Elle plongea son regard dans le sien et maintint fermement sa main contre sa poitrine, se tenant très droite : « Ne reste pas si tu ne veux pas être le prochain sur la liste. »

C’était un secret de polichinelle. Makkapitew avait affirmé la réduction draconienne de la population vampirique par ailleurs. Pour autant, ses sbires auxquels appartenaient la jeune Livia, n’appréciait pourtant pas particulièrement avoir des témoins de ces exécutions. Et de manière systématique, le malheureux témoin avait subi le même sort que la victime, peu importait que son nom n’ait pas été sorti par une main innocente. Elle ne prononça pas un mot de plus tandis qu’elle se perdait dans le regard carmin de Norman. Elle entendit une sorte de déclic mais le silence les entourait. Quelque chose venait de bouger dans son corps mort, de se mettre en place. Elle se redressa et lâcha finalement le torse de l’irlandais, reculant de quelques pas. Sa main la brûlait encore d’avoir touché celui qui avait toujours et représentait encore la moitié de son existence. Elle détourna le visage, ne voulant pas montrer les traits froids et glacials qui avaient pris progressivement possession de son visage juvénile. Elle avait toujours été une poupée de porcelaine depuis sa plus tendre enfance. Mais ce qui était mignon et charmant lorsqu’elle était humaine et attendrissant durant ses premières années vampiriques se teintait désormais d’un effroi latent pour quiconque poser le regard sur elle aujourd’hui. Elle n’avait pas envie que Norman se retrouve face à la nouvelle Livia. Elle recula de quelques pas tandis que son regard se reportait sur le feu qu’elle devinait derrière les arbres. « Tu devrais partir. » répéta-t-elle mais d’un ton beaucoup plus doux et nostalgique. Elle se rendit à peine compte qu’elle ne parlait plus de la situation actuelle dans laquelle ils se trouvaient mais de ce qu’elle ressentait. Au regard de ce qu’elle était devenue, elle n’avait plus le droit de ressentir les sentiments qui l’assaillaient en présence de Norman.

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Norman Fitzpatrick
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MessageSujet: Re: How I wish I'd never dared crossed the roads of nowhere [n.]   Jeu 24 Fév - 2:08

    La nuit était tombée depuis déjà plusieurs heures et à peine avait-elle pointée le bout de sa lune que Norman avait investi le toit. Perdu dans la contemplation de l'astre nocturne, il laissait aller et venir la moindre de ses pensées, cherchant à faire sortir toutes ses frustrations et envies refoulées. C'était une période très sombre pour la majorité des vampires, et Norman en faisait partie. L'arrivée de Makkapitew parmi eux n'était pas une bonne nouvelle et cet être vicieux, s'il ne l'effrayait pas, le rendait fou de rage. Il se souvenait encore parfaitement de ce moment violent, malsain, pendant lequel il avait été incapable de contrôler son propre corps. S'il avait été capable de dormir, il en aurait rêvé toutes les nuits. C'était un traumatisme pour un être aussi indépendant que Norman qui, s'il rentrait dans les normes sans trop de rébellion, refusait toute forme d'ordre trop direct.

    Norman avait amené son vieil appareil photo et il essayait tant bien que mal de retrouver son ancien plaisir coupable. L'astre lunaire l'avait toujours profondément fasciné et il lui était souvent arrivé d'en prendre des centaines de clichés la même nuit, comme perdu dans son reflet blanc comme sa peau trop claire. Mais voilà, il avait l'impression de ne plus en avoir envie. Les temps changent, les gens aussi. Et tout ce temps passé à faire la guerre, à répandre la douleur et la souffrance autour de lui l'avait éloigné de sa passion originelle. Comment retrouver l'insouciance nécessaire pour réaliser de bons clichés? Il s'en sentait franchement incapable sur le moment.

    Des grondements en bas le tirèrent de sa réflexion déprimante. Deux de ses congénères entamaient une inutile bagarre pour peut-être un humain, peut-être une autre broutille. De son observatoire, il pouvait les voir quasi s'entre-tuer et il restait là, impassible. Il pointa instinctivement son objectif vers cette triste scène et appuya jusqu'à entendre le fameux déclic. C'était d'un pathétique, de les voir se décimer ainsi alors que d'autres partaient se nourrir pour ne jamais revenir. Il se murmurait dans les rangs que l'Ancêtre avait un projet malsain en tête et voilà que des crétins se battaient entre eux. Que dire devant ça? Norman s'en moquait bien au fond. Il avait appris à être égoïste à force. Tant qu'il restait en vie, c'était l'essentiel. Il aperçut Siam qui tentait de s'interposer entre les deux imbéciles. C'est à ce moment là qu'il réalisa que décidément, il ne tenait pas suffisamment à elle. Il aurait dû sauter et grogner un bon coup pour l'aider, la défendre, montrer à tous ces imbéciles qui était le maître ici. S'il avait même été jusqu'au bout de ses fonctions de bras droit, il aurait dû surmonter le tout d'un discours pour rallier les troupes, les sommer d'arrêter leurs imbécilités et d'être un minimum soudé. Mais il n'en fit rien. Il la laissa se débrouiller toute seule, détourna son regard de la triste scène et sauta de l'autre côté du bâtiment, direction la forêt.

    Norman n'avait même pas faim. Il avait juste envie de s'éloigner de tout ça, cette tension insupportable qui envahissait la ville. Angus avait voulu en être le maître, qu'il se démène seul avec ce chaos, tout du moins pour ce soir. Son acolyte n'aspirait qu'à un peu de paix, pour une fois. Il marchait d'ailleurs avec une lenteur inhabituel pour un être dans son genre, se faisant le plus discret possible car il savait de source sûr qu'en ce moment, des dangers bien réels rôdaient dans la forêt et que même lui, combattant émérite, ne pourrait pas lutter. Il avait remarqué quelques étranges disparitions au sein du clan. Et s'il n'avait pas peur – car cela faisait bien longtemps qu'il n'avait plus peur de la mort – il se méfiait tout de même. Il refusait d'avoir une fin aussi stupide que ça. Il refusait de mourir en martyr, surtout. Ses pieds le trainèrent jusque les montagnes, où pourtant il n'aimait pas s'aventurer. Ce lieu lui faisait froid dans le dos, il n'avait jamais su s'expliquer pourquoi. Pourtant, sachant la forêt un peu trop habitée pour lui ce soir, il ne s'arrête pas en si bon chemin. S'il avait su, peut-être aurait-il fait demi-tour.

    Ce ne fut que lorsqu'il se retrouva profondément enfoncé dans ce dédale de sentiers montagneux qu'il aperçut une étrange lueur. Il doutait que cela ne soit l'oeuvre d'humains, aucun d'entre eux n'aurait été assez stupide pour se promener seuls en des temps aussi ombrageux. De plus, son odorat ne détectait rien d'autres que de la chair déjà morte. Sa raison lui criait de fuir le plus loin possible, mais sa curiosité l'emporta et s'approcha jusqu'à se rendre compte de la raison qui l'avait vraiment poussé à s'avancer autant. Cette odeur si particulière, si familière. Il savait qu'il la trouverait là, et qu'il n'aimerait sans doute pas ce qu'il risquait de voir, mais c'était plus fort que lui, comme lorsque cet enfoiré avait pris le contrôle de son corps. Il savait qu'il avait beau lutter, rien n'y ferait. Mais il n'était pas préparé à la scène qui allait se dérouler devant ses yeux ébahis.

    A peine l'eut-il dans son champ de vision qu'il réalisa que tout cela n'était pas normal. Qui était ses idiots autour d'elle? Pourquoi avait-elle l'air aussi déterminé et … Norman eut la désagréable impression, comme lors de la célébration de la dernière fois, qu'elle avait radicalement changé. Et il n'aimait pas ça. Contrairement à Siam, il avait envie de courir comme un malade et s'interposer entre ces brutes et elle, même s'ils ne semblaient pas en avoir après elle. L'emmener loin de tout ça, fuir enfin Babylon avec elle car plus rien ne le retiendrait en cette ville maudite. Il fit très bien de rester en place. Et n'en revint pas de la voir décapiter un malheureux vampire qui semblait fort peiné de la situation.

      « Livia... »

    Tout juste était-ce un murmure, pourtant il n'avait pu empêcher ses mots de sortir de ses lèvres. Il doutait que ces idiots l'aient entendus, mais il savait qu'il venait de commettre une grave imprudence. Il sentait qu'il devait partir et tenter d'oublier, mais c'était comme si ses pieds étaient cloués au sol. Il n'y croyait pas. Pas elle. Il avait déjà commis les pires atrocités et il s'en moquait. Et il se souvenait parfaitement de l'époque bénite où ils formaient encore un trio parfait et qu'elle le brimait lorsqu'il était tenté par les cous alentours. Ca n'était rien en comparaison de ce qu'il avait pu faire ensuite, mais elle détestait déjà ça. Et il adorait la voir s'enrager. Mais là, elle venait de basculer dans un côté obscur et ça, il ne pouvait le supporter. Pas elle. C'était trop. Si Makkapitew, le seul responsable il en était persuadé, avait été dans les parages, il lui aurait foncé dessus, quitte à courir vers une mort certaine. Il s'en moquait. Il n'avait qu'une seule envie, sauver l'âme souillée de Livia tant qu'il n'était pas trop tard.

    Il était encore en train de penser à ce genre de choses confusément lorsqu'il se sentit plaqué contre un arbre. Evidemment. S'il l'avait sentie, alors elle aussi. Au moins était elle encore sensible à quelque chose, c'était toujours ça. Son torse le brûlait étrangement à l'endroit où elle avait posé sa main, et il avait envie de la kidnapper pour la sauver de tout ça. Il l'entendit prononcer quelques mots, ne parvint pas à leur donner un quelconque sens. Une liste? De quoi pouvait-elle bien parler? Après tout, il s'en moquait bien. Il voulait juste comprendre à quoi elle jouait au milieu des montagnes lugubres avec d'autres sanguinaires. Et pourquoi elle cherchait encore à le protéger après tout ce qu'elle avait fait. Choisir Alister, l'embrasser juste avant de le repousser, pactiser avec Angus, assassiner et ainsi renier sa plus profonde nature. Il ne tenta même pas de masquer son étonnement tandis qu'il peinait à retrouver la Livia qu'il avait toujours aimé derrière ce masque de froideur. Mais déjà, elle s'éloignait, détournant le regard. Partir. Mais où ça?

      « Non. »

    Norman avait retrouvé une sorte d'aplomb. Peut-être renouait-il difficilement avec son ancien lui, peut-être que l'entendre prononcer ces mots avec un air si nostalgique avait réveillé quelque chose en lui. Il ne savait pas, ne saurait jamais. C'était un non ferme, catégorique. Comme lorsqu'elle lui imposait ses caprices parfois par le passé, où qu'elle le suppliait de se calmer quand il était dans une colère noire. Il avança vers elle, se tenant juste derrière elle, à hauteur de son cou. Il se forçait à ne pas respirer, mais c'était une torture insurmontable.

    • « J'en ai assez Livia. Si je reste dans cette maudite ville, ça n'est pas pour Angus ou Siam, ni par fidélité envers les miens, ni parce que je suis un grand nostalgique. Et ça, tu le sais. »

    Peut-être était-ce trop pour ces retrouvailles? Peut-être allait-il trop vite en besogne mais à vrai dire, il ne réfléchissait pas. Plus. Seule la vérité pure, crue, sortait de ses lèvres. Il avait retiré le filtre de sa parole. Il ne tournerait pas sa langue 7 fois dans sa bouche. Tant pis. Il était peut-être enfin temps de dire ce qui était. Il aurait tellement pu fuir, quitter cette ville, ce pays, ce continent pour retourner en Europe et vivre bien, mieux, tenter d'oublier et se nourrir comme dans le bon vieux temps du sang des innocents. Mais il ne pouvait pas. Quelque chose le retenait en ces lieux sinistres.

      « Sauf que tout ce que je vois aujourd'hui ne me donne pas envie de rester. Mais encore moins de partir. Comment pourrais-je te laisser dans un tel état, Livia? »

    Il attrapa son bras nu et la força à se retourner vers lui. Son regard était glacial, malgré toute la sincérité de ses propos. Il avait du mal à ne pas rester sur ses gardes avec elle.

      « Qu'ont-ils fait de toi? Comment as-tu pu te transformer en un tel monstre? »

    C'était peut-être dur à entendre, mais il n'en pensait pas moins. Il était temps que quelqu'un lui dise enfin ce qu'il en était. Les végétariens n'avaient sûrement pas pu la raisonner, mais lui, il en était peut-être capable. Quoique, il n'était plus sûr de rien. Juste du fait qu'il l'aimait, malgré toutes les trahisons, les revirements de situation, les rejets, la haine. Il a cru qu'il pourrait la détester à jamais, ne pas pouvoir lui pardonner et pourtant, maintenant qu'elle était tout près, si près, il ne pouvait. Il ne pouvait plus se faire d'illusions.

      « C'est moi le monstre. Ca a toujours été comme ça. Toi, il n'en a jamais été ainsi. Tu ne peux pas devenir cette personne, Livia. Ou alors, il a veillé encore plus mal sur toi que je ne l'aurais fait. »


    Ils savait très bien tous deux de qui il parlait. L'ennemi absolu. Celui qu'il haïssait le plus au monde. Comment avait-il pu laisser une chose pareille arriver?

_______________________________



      @ melcappa


    Mais je sais qu'un jour elle viendra
    Alors je ne baisserai pas les bras.
    En attendant je fais les cent pas
    Et finis par me dire tout bas:
    « Laisse courir la rumeur... »

    La rumeur - Christophe Maé

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MessageSujet: Re: How I wish I'd never dared crossed the roads of nowhere [n.]   Ven 4 Mar - 21:46

L’espace d’un instant, quelques minutes peut être qui semblèrent durer une éternité, la situation fut inversée. Le vampire dominant n’était plus Norman mais la délicate et fragile suédoise. Elle qui avait toujours été sous la coupe de l’irlandais et qui ne faisait que protester sans jamais élever la voix lorsqu’il poussait le bouchon un peu trop loin. Elle qui avait toujours défendu la paix parmi les membres de son espèce et qui fuyait les conflits dès qu’elle en avait l’occasion. Et pourtant, c’était elle qui maintenait fermement Norman contre l’arbre. C’était elle qui lui intimait de partir sous peine de disparaître dans les flammes tels le malheureux vampire quelques minutes auparavant. Et c’était lui qui se laissait faire, passif vis-à-vis des évènements. Cela ne lui ressemblait pas tout comme cela ne ressemblait pas à la jeune vampire. Finalement, ils reprirent leurs places respectives et Norman retrouva son mordant et sa détermination habituelle alors que Livia sentait une fois de plus que quoi qu’elle ait pu décider pour lui, elle se plierait à sa volonté. Elle avait changé sur pas mal de plans mais pas sur celui-là. Norman était l’un des seuls individus à exercer un pouvoir sur elle. Même Makkapitew ne pouvait rivaliser. Elle se gela plus encore que son état naturelle lorsqu’elle sentit son ancien compagnon s’approcher d’elle, dans son dos et que ses paroles frôlèrent son échine dorsale. Pas un seul instant elle n’aurait pensé qu’il allait réagir ainsi, plus encore qu’il allait sortir une telle déclaration. Bien sûr, elle aurait pu prendre les choses différement, les interpréter à sa manière afin de ne pas souffrir mais elle savait exactement ce qu’il signifiait, ce que tout cela signifiait. Elle ferma douloureusement les yeux, se flagellant une fois de plus, comme des années auparavant et jusqu’à récemment. Elle revenait en arrière et elle n’aimait pas ça. Même si c’était ce que semblait désirait Norman.

Elle ne put s’empêcher d’émettre un petit son étranglé lorsqu’il souffla des propos se rapportant à Alister. Finalement, elle reouvrit les yeux et observa les environs, se perdant dans les ténèbres des bois. Il y avait une multitudes de cœurs qui battaient en ce moment autour d’eux mais elle n’entendait que le silence amer des leurs. Elle savait que ses traits étaient bouleversés et elle ne souhaitait pas se tourner vers Norman. Tout comme elle ne désirait pas qu’il voit la reine de glace qu’elle était devenue, elle n’avait guère la volonté qu’il constate en plus qu’il pouvait si facilement briser cette barrière qu’elle avait créé, seul remède trouvé afin de lutter contre la vacuité de son existence et de la souffrance qu’elle avait causé auprès de tous ceux qu’elle avait aimé et aimait encore malgré la mort et malgré le caractère irrévocable de la séparation. « Comment j’ai pu me transformer en monstre ? » répéta-t-elle dans un souffle, prenant le temps de réfléchir et de recueillir l’ensemble des informations afin de répondre à cette interrogation. Le silence s’installa, lourd et tendu. Finalement, elle le brisa de sa voix douce dans laquelle se dissimulaient de véritables morceaux de glace. « Tu étais là. »

Elle se retourna vers Norman et plongea son regard doré et troublé dans le sien. « Tu étais là. Et lui aussi. » Il ne voulait pas parler d elui, nier son existence sans doute mais Livia s’en fichait en cet instant précis, décidant de ne pas épargner les sentiments de l’irlandais comme il n’épargnait pas les siens. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas vu Alister. A l’instar de Norman, il avait remarqué le changement qu’elle avait opéré en son for intérieur. Mais contrairement à Norman, il avait préféré garder ses distances, pensant que c’était ce qu’elle voulait. Et c’était ce qu’elle voulait. Ou non. Elle ne savait pas. « Draven a fait de moi ce que je suis aujourd’hui. » Elle ne parlait pas uniquement du fait qu’elle était devenue un monstre assoiffé de sang, condamné à errer à travers l’éternité en maudissant le jour où elle avait vu le jour. Mais elle parlait également de cette vengeance qu’elle avait recherché pendant des décennies et qu’elle avait finalement obtenu, la métamorphosant à jamais et ne lui apportant pas cette paix qu’elle recherchait tant. Sa voix déraillait, elle l’entendait mais ne pouvait empêcher les sanglots qui ruisselaient dans sa gorge alors que son regard se troublait, incapable pour autant de se détacher de celui de Norman. Ce dernier l’hypnotisait.

Elle voulait qu’il parte. Cela valait tellement mieux pour lui, pour elle, pour eux. Et les paroles qu’il avait prononcées continuaient de tourner en boucle dans son esprit. Mais elle s’empêchait de laisser son cœur mort s’en émouvoir. Elle n’avait pas le droit de ressentir ces sentiments. Néanmoins, elle s’approcha de lui tellement près que s’ils respiraient encore, elle aurait pu sentir l’air expiré de ses poumons sur son cou ; si leur cœur battait encore, le sentir contre le sien ; s’il émanait encore d’eux une chaleur humaine, la partager alors que leurs lèvres n’étaient séparés que par un espace infime et une décennie à tenter de s’oublier. Finalement, elle retrouva un minimum de force et de volonté, ne le lâchant pas du regard, prête à s’effondrer en sanglot : « Et qu’aurais-tu fait à sa place, Norman ? » Elle trembla légèrement puis répéta la phrase avec une douceur et un regret infini : « Qu’aurais-tu fait ? » Lentement, elle baissa le regard et sa tête vint reposer contre l’épaule de Norman, se coulant en lui.

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MessageSujet: Re: How I wish I'd never dared crossed the roads of nowhere [n.]   Jeu 7 Avr - 0:45

    Le coeur de glace de Norman fondit comme neige au soleil dès qu'elle parla. C'était toujours la même chose avec elle. Comme si sa voix au léger accent scandinave avait un tel pouvoir qu'il ne pouvait l'écouter sans être chamboulé. Il fut une époque où il avait adoré ça. Quand elle le surprenait en train de faire une mauvaise action et que son regard doré semblait se fâcher contre lui, et que sa voix cristalline exprimait des remontrances justes, mais pas assez sévères pour vraiment l'impressionner. C'était ce genre de moment qu'il appréciait alors, plus encore que lorsqu'elle riait aux éclats ou qu'elle se baladait avec l'insouciance d'une jeune femme presque mortelle. Puis, il avait détesté ce pouvoir lorsqu'elle l'avait trahi. Lorsqu'ils l'avaient trahi. Son influence sur lui n'avait pas tout à fait suffi pour qu'il ne s'emporte pas, et elle était partie. Elle n'avait rien choisi. Puis, elle était revenue, par hasard. Et avait fait un choix qui encore aujourd'hui le troublait.

    Mais maintenant qu'ils étaient là, tous les deux, chacun ayant parcouru sa route tout seul jusqu'à changer radicalement, il retrouvait la force mystérieuse de ce pouvoir. Il était hypnotisé par tout son être, tout ce qui émanait d'elle. Même par ses reproches tandis qu'elle se détourna finalement de sa contemplation du paysage pour venir planter son regard dans le sien. A l'évocation subtile d'Alister, il n'exprima rien. Pas même un grondement qui pourtant, résonnait dans sa tête. Il refusait que ce troisième morceau du triangle vienne une fois de plus se mettre entre eux. Pas maintenant, alors qu'il la retrouvait seul à seul.

    Il comprenait ce qu'elle voulait dire. Il avait toujours su qu'elle aspirait à une certaine vengeance. Mais jamais il n'aurait pensé qu'elle passerait à l'acte. Des années durant, il avait cotoyé d'être qui avait fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui, et il ne lui en avait jamais voulu. Au contraire. Car égoïstement, il savait qu'en tant que mortelle, il ne l'aurait jamais rencontrée. Ou alors, même si, il n'aurait jamais pu l'avoir à ses côtés aussi longtemps, et partager ces moments privilégiés de l'époque dorée qu'ils avaient vécu tous les trois.

    Et elle était là, proche, si proche qu'il retenait son inutile respiration. Il sentait son souffle courir le long de sa gorge tandis qu'elle cherchait quelque chose. Ses mots, la force de continuer peut-être. Voilà qu'enfin il semblait la retrouver. Il retrouvait un peu d'aplomb tandis qu'elle perdait tous ses moyens, étouffant ses sanglots dans sa divine voix éraillée par l'émotion. Qu'aurait-il fait ? Qu'aurait-il fait à sa place ?

    Il n'eut même pas le temps de songer à sa réponse qu'elle posa sa tête contre lui. Et plutôt que de briser ce fragile moment, il ferma les yeux et profita de l'instant, pour une fois. Il passa ses bras autour de ses épaules et les resserra de sorte à former une douce étreinte. La sentir aussi près de lui lui fit un bien fou et pour une fois, il eut l'impression d'être réellement en paix. Avec lui même. Avec ce monde de fou. Avec elle. Il inspira lentement, respirant son parfum à plein poumon. Il regrettait de ne pas s'être plus battu pour elle.

      « J'aurais été le monstre à ta place. »

    Comme il l'avait toujours fait. C'était le juste ordre des choses. Il était le mauvais, l'être qui irait brûler dans les flammes de l'enfer tandis qu'elle était la faible créature qu'il fallait protéger à tout prix. Il aurait été prêt à prendre tous ses pêchés et les commettre à sa place. Expier toutes ses fautes. Pour qu'elle n'ait jamais rien à se reprocher. Il déposa un baiser sur ses longs cheveux blonds, appuyant son visage fébrile contre le haut de son crâne. Si ça avait été son genre, il aurait lâché une larme. Mais cela faisait des siècles qu'il n'avait pas pleuré.

      « J'aurais été là à chaque instant du jour et de la nuit. Je t'aurais occupée. Je ne t'aurais pas laissé une seule minute pour penser à celui qui t'a transformé. J'aurais fait de toi mon univers pour que tu n'aies plus à te soucier de rien d'autre. »

    Il sentait ses yeux le piquer. Peut-être parce qu'il avait l'impression de l'avoir laissé tomber toutes ses années. Il avait été pansé ses blessures dans son coin, comme l'égoïste qu'il était et n'avait pas songé une seule minute au fait qu'elle pourrait devenir ainsi. Et il n'aurait jamais cru qu'Allister la laisserait ainsi dépérir. Il le haïssait d'autant plus. Mais il savait que c'était également sa faute.

      « J'aurais tellement dû le faire. Je n'aurais jamais dû te laisser partir. J'aurais dû me battre pour toi. Au lieu de ça, je me suis battu contre moi-même. »

    Il la serra un peu plus fort contre lui. Ses yeux rougeoyants de carnivore le brûlaient vraiment. Il s'efforça pourtant de rester calme, bien qu'il réalisait aujourd'hui l'étendue de ses erreurs. Il refusait de la laisser s'échapper une nouvelle fois, la gardant aussi près de lui qu'il le pouvait. Puis il ajouta d'une voix chevrotante qui ne lui ressemblait pas.

      « Je suis tellement désolé, Livia. Pardonne-moi. »

_______________________________



      @ melcappa


    Mais je sais qu'un jour elle viendra
    Alors je ne baisserai pas les bras.
    En attendant je fais les cent pas
    Et finis par me dire tout bas:
    « Laisse courir la rumeur... »

    La rumeur - Christophe Maé

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Livia S. Hagebak
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● Âge Du Perso: 79 ans. En paraît 21, l'âge de son décès.
● Citation: Vous avez tort. J’entends les cris, je vois l’effroi, l’horreur, le sang, la mer, les fosses, les mitrailles. Je blâme. Est-ce ma faute enfin ?
● Relations:

MessageSujet: Re: How I wish I'd never dared crossed the roads of nowhere [n.]   Dim 17 Avr - 18:42

Les choses n’avaient jamais été aisées entre eux lorsqu’elle laissait sa mémoire revenir en arrière. Il avait toujours aimé la pousser dans ses derniers retranchements, comme s’il appréciait de la voir sortir ses griffes de chaton. Il y avait toujours eu cette lueur d’amusement dans les ténèbres de son regard qui l’horripilait encore davantage. Et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de sourire avec tendresse en se détournant de lui, évitant qu’il ne remarque ce qu’il faisait naître chez lui et qui n’était pas autre chose que de l’agacement. Il le savait parfaitement cependant. Il la connaissait par cœur. Tout comme elle le connaissait sur le bout des doigts. Jusqu’à aujourd’hui du moins. Depuis combien de temps ne s’étaient-ils pas retrouvés aussi proches ? Presque dans les bras l’un de l’autre. Elle se demandait même si elle avait jamais été dans ses bras. Quelles épreuves avaient-ils dû traversé chacun de leur côté ? Quels démons avaient-ils dû combattre ? Et les voilà, se tenant face à face avec le gouffre profond de toutes ces phrases qu’ils ne s’étaient jamais dites, de tous ses silences. En fin de compte, les mots les plus simples étaient les plus difficiles à entendre. Elle n’imaginait pas même que ce gouffre qu’elle voyait sans fin puisse être comblé un jour. Elle se tendit immédiatement en sentant les bras de Norman se refermer autour d’elle, comme si elle ne s’attendait pas à une telle réaction de sa part, et lentement, doucement, elle se relaxa, de fondant dans cette douce étreinte qu’elle avait imaginé cent fois et qu’elle avait relégué dans un coin de son esprit cent fois. Timidement, elle referma elle-même ses bras autour des hanches de Norman. Non, ils n’avaient jamais été aussi proches qu’en cet instant précis.

Elle ferma douloureusement les yeux lorsqu’il lui répondit qu’il aurait été le monstre à sa place. Ce n’est pas ce qu’elle voulait. Ce n’est pas ce qu’elle désirait pour lui. Elle causait le mal autour d’elle, comme un fléau de Dieu. Elle ne pouvait rien toucher, rien aimer sans que cette chose, cette personne, cette idée ne soit corrompue et ne se referme lentement sur elle dans un étau de froid et de mort. Elle se mordit les lèvres de douleurs alors que ses oreilles absorbaient chacune des paroles, chacune des inflexions de Norman, ces dernières la retournant comme jamais elle ne pourrait l’admettre. Lorsqu’elle rouvrit ses yeux pour les planter dans ceux de Norman, elle se rendit compte qu’elle pleurait. Mais les sentiments qui l’assaillaient étaient différents de tout ce qu’elle avait ressenti auparavant. Les émotions fantômes de sa vie humaine. Elle avait l’impression que son cœur palpitait alors qu’il ne battait plus depuis bien longtemps, que son estomac se nouait alors qu’il était aussi immobile que le reste de son corps et que le sang remontait à ses joues pour les couvrir d’une douce couleur rouge alors qu’il n’était que nécrosé. Elle prit une profonde inspiration, emplissant ses poumons d’air sans qu’ils en aient besoin et sourit doucement à l’irlandais alors que d’une main timide, elle caressa sa joue, remettant avec une douceur infinie ses cheveux en place. « Tu n’as pas à t’excuser, Norman. Jamais. »

C’était plutôt à elle de s’excuser. Bien sûr, elle l’avait déjà fait par le passé. Mais il n’avait jamais été très réceptif. Et elle en avait assez de ces sempiternelles excuses entre eux. Au jour d’aujourd’hui, à cet instant précis, elle ne désirait qu’une seule chose : oublier le passé, toutes leurs erreurs et leurs blessures et tout recommencer depuis zéro. La première fois, elle n’avait pas fait de choix ; la deuxième fois, elle avait choisi celui qui lui ressemblait le plus, penchant vers la facilité. La troisième fois était sa dernière chance. En fin de compte, Norman était peut être la partie manquante de son âme. Elle lui sourit doucement et ils restèrent ainsi pendant quelques secondes qui semblèrent durer une éternité pour ces immortels avant que finalement, Livia se dresse sur la pointe des pieds et ne posent délicatement ses lèvres contre celle du vampire qu’elle tenait encore tendrement dans ses bras. Immédiatement, une vague jaillit et envahit son être, causant frissons, furie et apaisement. Ce n’était pas leur premier baiser mais c’était tout comme. Elle plongea entièrement ses mains dans les cheveux de Norman, se délectant de leur texture contre ses doigts alors que son odeur et le goût de ses lèvres l’hypnotisèrent. S’il ne la maintenait pas fermement contre lui, ses jambes auraient failli à son égard et ne l’auraient pas supporté davantage, la faisant s’effondrer au sol. Mais elle se maintenait fermement contre lui, frissonnante et ressentant plus que tout autre chose en harmonie avec elle-même.

Finalement, les cris de joie des autres vampires dans la clairière la ramenèrent pied sur Terre et elle mit fin progressivement au baiser, sa tête reposant toujours contre le visage de Norman. Encore ces sentiments physiques fantômes qui finissaient par se faire douloureux du fait qu’elle les savait impossible. Elle dut attendre quelques instants avant de se redonner suffisamment de constance et de retrouver des sensations dans ses jambes autres que les fourmillements et les papillons. Elle leva la tête vers lui et lui sourit faiblement. « Je dois … » Sa voix était encore rauque et elle dut se la racler avant de poursuivre en se défaisant à regret des bras du jeune homme. « Je reviens. Laisse-moi juste terminer ça. » Elle recula de quelques pas. Elle allait dire à Makkapitew que c’était terminé. Elle allait lui tourner le dos et tenter de retrouver celle qu’elle était avant. Elle ne voulait plus tuer. Elle ne voulait plus sentir la chaleur infernale des flammes, elle ne voulait plus entendre de supplications, elle ne voulait plus avoir les mains tâchées de sang. Cette main tenait encore celle de Norman dans la sienne et elle revint sur ses pas pour déposer un furtif baiser, promesse de retrouvailles prochaines, avant de disparaître dans la forêt.

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How I wish I'd never dared crossed the roads of nowhere [n.]
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