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 like the lyrics of the sad song | alex&lise

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Lisbeth B. O'Connor
Admin |A woman's face is her work of fiction.
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Féminin Nombre de messages : 2743

Age : 26
Votre Prénom/Pseudo : Margaux
Nourriture : Rhésus positif.
Humeur : A jouer à pile ou face.
Date d'inscription : 08/10/2008

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● Âge Du Perso: 25 ans. En parait 17.
● Citation: When other little girls wanted to be ballet dancers I kind of wanted to be a vampire.
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MessageSujet: like the lyrics of the sad song | alex&lise   Dim 21 Fév - 19:44



    Like the lyrics of a sad song,
    Mine was feeling so wrong.

    Elle hurlait. Intérieurement du moins. Ne se rendant plus compte si cet horrible bruit sortait bel et bien de ses cordes vocales ou juste de son esprit. Elle avait voulu se jeter sur le vampire, lui arracher tripes et crocs mais Alexander s'y était opposé. Avec une force qu'elle ne lui soupçonnait pas, le loup l'avait saisi dans son immense gueule et s'était échappé dans la forêt qu'il connaissait mieux que son adversaire. Dans sa folie, elle ne savait plus si elle hurlait contre le vampire, contre le loup, contre Dwight qui venait de mourir. Elle hurlait. Être vampire devait présenter l'avantage de ne jamais craindre la mort. De n'avoir peur de rien. Si ce seul agréable détail disparaissait, si cette guerre entraînait la mort de ceux qu'elle avait voulu sauver en les transformant, rien ne valait le coup.

    Elle ne s'était pas rendu compte qu'ils s'étaient arrêté à Babylon. Devant son ancienne maison, désertée depuis quelques années. Ses parents étaient loin d'être morts. Ils avaient juste quitté la ville, quand, Lisbeth et Dwight, vampires, leur avait ordonné de le faire, six années auparavant, de partir au plus vite car l'endroit était dangereux et de ne jamais essayé de les recontacter ou de leur communiquer une adresse. Ils étaient partis. Dwight était parti, et de son enfance, il ne restait qu'une vieille bâtisse qui commençait à accuser l'effet du temps. L'esprit dérangé de Lisbeth, torturé par le récent deuil, fut envahit de pensées sordides. Tout vieillissait, tout partait, tout allait disparaitre. Et il ne resterait qu'elle, il ne resterait qu'elle après cette guerre, car une étoile malchanceuse vieillit à ce qu'elle ne meurt pas, même quand elle était au plus près du danger. Elle sentit des bras enlacer sa taille, des bras chauds, qui réveillèrent ses sens endormis et lui firent prendre conscience de son corps. De son corps qui convulsait, qui se tordait entre ses bras.

    Il la maintenait contre lui, entre protection et étau, le vampire ne se décidait pas. Elle se laissait juste dominer par la force monstrueuse du loup, même sous forme humaine. Des cris stridents perçaient ses oreilles, les siens bien évidemment, mais malgré cela, elle entendait la voix calme et rauque d'Alexander qui lui chuchotait.

    LUI - Calme toi Lise. Chut. Calme toi. Je suis là.

      FLASH BACK - 10 years earlier.

    Du haut de ses quinze ans et de son corps en pleine mutation, Lisbeth fixait le clocher de l'église de Babylon depuis de longues minutes. Plus loin, sur un banc, Alexander était occupé à terminer de lire Hurlevent. Elle avait pris pour résolution depuis longtemps de grimper au sommet de cet édifice, et à l'aide de plusieurs coups de pieds, faire sonner la grosse cloche qui annonçait les heures. Elle était ravie de son tour, et attendait avec impatience de voir les habitants déconcertés par cette heure passée trop vite.

    Bien entendu, elle n'avait pas mis Alexander au courant de son projet, sachant pertinemment qu'il lui aurait fait la morale, ou l'aurait empêchée de le faire. Profitant qu'il était passionné par sa lecture, elle s'éloigna discrètement et commença à grimper aux arbres. C'était de moins en moins facile au fur et à mesure qu'elle grandissait. Et sa poitrine, à laquelle elle n'était pas habituée la gênait dans ses mouvements. Pourtant, elle arriva bien vite au sommet d'un pin et en se pencha réussit à sauter sur le toit de l'église dont les tuiles n'étaient pas réellement très solides.

    Elle se faufila jusqu'au clocher lorsque l'une d'elle se détacha du toit. Lise, ayant un pied posé dessus, perdit entièrement son équilibre et chuta, tombant lourdement sur ses genoux. Le choc cependant, ne lui fit pas tant mal que peur, et la suite s'avéra pire. Comme une rangée de dominos mal fixés, les tuiles se détachèrent en groupe du toit de la petite église, et si elle n'avait pas eu peur, elle aurait pu apprécier les sensations de cette descente de toit à tout allure. Ainsi que la chute. Brutale. Du haut de plusieurs mètres.

    Lorsqu'elle reprit connaissance, elle n'entendit qu'une voix qui hurlait sur quelqu'un d'autre.

    DWIGHT - Mais tu es complétement inconscient ou quoi ?! Tu ne pouvais pas la surveiller ? Tu sais TRES BIEN qu'elle ne reste jamais en place ! Tu es son meilleur ami non ? C'est TON devoir quand je ne suis pas là !
    ELLE - Doucement...

    Elle se sentit soulevée de terre par deux mains puissantes, et sa tête vint rapidement reposer contre le torse de son cousin alors qu'elle sentait une douleur lancinante dans la jambe et l'épaule droite. La respiration de son cousin était saccadé, son souffle erratique.

    DWIGHT - Ne reviens que quand tu seras plus préoccupé par ton amie que par un stupide bouquin.

      FIN DU FLASH BACK





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Alexander P. MacDraw

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Nourriture : Si seulement ils étaient comestibles.
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● Citation: Il y a une extase qui marque le sommet de la vie, et au-delà de laquelle la vie ne peut pas s'élever. Et le paradoxe de la vie est tel que cette extase vient lorsque l'on est le plus vivant, et elle consiste à oublier totalement que l'on est vivant.
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MessageSujet: Re: like the lyrics of the sad song | alex&lise   Sam 29 Mai - 0:51

    Tout s’était accéléré à une vitesse ahurissante. Entre rêve et réalité, Alexander n’était plus certain de rien. Des bribes de souvenir lui revenaient soudainement, pourtant. Oppressantes, brutales, hargneuses. Un malaise toujours plus déstabilisant l’envahissait, détruisant le peu de raison qui subsistait encore en lui. Que s’était-il réellement passé ? Il revoyait le corps de Lisbeth, nue contre le sien, dans une grotte. Cela datait de quelques jours auparavant. Et puis, des retrouvailles au cimetière, devant la tombe de Caleb. Un autre vampire, puissant, ancien, contre lequel ils s’étaient tous deux farouchement battus. Finalement, Dwight, le cousin de Lisbeth qui la surveillait constamment depuis qu’il soupçonnait quelque chose entre eux, avait tenté de s’interposer, avait été violemment tué sous leurs yeux. Tout commençait à s’éclairer dans son esprit. Lisbeth, ses cris. Il l’avait emmenée avec lui, loin de la scène brutale, de la mort du dernier membre de sa famille. Il comprenait, il compatissait. D’ailleurs, tout cela avait ouvert une plaie douloureuse en lui. Caleb, et son meurtre sanglant. L’essence rougeâtre qui colorait les murs et les rideaux de la chambre d’enfant, les lambeaux de tissus arrachés. Le cri qui s’était échappé de sa propre gorge. Les hurlements désespérés de Lisbeth lui rappelait les siens, lui rappelait sa détresse, et il n’aspirait qu’à lui épargner cette douleur insupportable. Il ne souhaitait qu’aspirer tout ce qu’elle ressentait, et le garder en lui. Simplement l’aider, être là pour elle.

    Rapidement arrivé à l’ancien quartier général des lycans de Babylon, l’immense loup reprit forme humaine, ne s’encombra même pas de dissimuler sa nudité. Seule comptait Lisbeth et la fatalité de l’instant. Elle hurlait sans même s’en rendre compte, s’affolait des cris qu’elle percevait, et il la serrait contre lui, cherchant à l’apaiser quelque peu. Il avait conscience que ses efforts étaient vains. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher d’être là, de caresser ses cheveux, d’embrasser doucement son visage, de sécher les larmes inexistantes. Elle ne se calmait pas, toutefois, et il l’enserrait plus fort. Il ne pouvait réellement que lui prouver qu’il était là pour elle, lui prouver qu’il l’aimait et qu’elle pouvait se reposer sur lui.

    LUI ; « Calme-toi, Lise. Chut. Calme-toi. Je suis là. »

    Son désespoir semblait pourtant toujours plus grand, comme si elle ne parvenait pas à faire taire sa souffrance. Elle devait certainement comprendre que l’immortalité qui lui semblait acquise ne l’était pas réellement. Elle pouvait lui échapper, elle risquait la mort, comme elle l’avait risquée des milliers de fois étant humaine. Elle devait certainement prendre conscience que la glace dans laquelle elle était emprisonnée ne la rendait pas plus humaine, mais presque plus encline à la souffrance. Elle n’était pas épargnée, bien au contraire. A présent, tout ce qu’elle avait besoin de comprendre était qu’il était là, avec elle, pour l’aider à rendre tout cela plus supportable.

    LUI ; « Mon amour, calme-toi… »

    Il suppliait, ses lèvres caressant doucement la mâchoire froide de la jeune femme. Froide, et pourtant brûlante. Elle semblait en proie à des flammes invisibles, à des douleurs qu’elle seule comprenait et subissait. Il aurait tout donné pour les partager avec elle, cependant. Tout donner pour que la douleur lui soit moins fulgurante. Était-elle au moins apaisée par sa présence ? Il lui semblait que oui, elle avait l’air de ne plus lutter, de s’abandonner contre son corps brûlant de loup, et il en profita pour faire taire ses hurlements qu’il ne supportait plus. Doucement, il glissa ses lèvres sur celles de la jeune femme, les entrouvrit, l’embrassa en pressant ses mains au creux de ses reins. Certes, il était profondément injuste de profiter d’une telle situation. Il émanait d’elle une telle détresse… Mais le jeune lycan ne cherchait pas à profiter. Il voulait simplement lui rendre tout cela un peu plus tolérable, un peu moins insoutenable. Elle venait de voir celui qu’elle considérait comme un frère être exécuté. Devant ses yeux. Il devait le lui faire oublier, la distraire de la tournure qu’avaient pris les évènements. Certes, il n’avait jamais réellement apprécié Dwight, mais il était important dans la vie de Lisbeth, et il acceptait qu’elle souffre de sa perte, comme il avait souffert de la perte de son petit frère. Et, ce soir-là, il aurait tout donné pour que Lisbeth le suive, lui fasse perdre l’esprit, la notion du temps, le trou qui s’était ouvert en lui. Qu’elle comble la perte.

    LUI ; « Tu n’es pas seule, Lisbeth. »

    Un souffle erratique. Entre deux baisers, et le troisième qui devenait plus insistant qu’il ne le voulait lui-même. Il ne se contrôlait plus, était totalement possédé par le besoin qu’il avait de la consoler, de la sentir plus animée contre lui. Ses lèvres dérapaient contre la gorge glacée, ses doigts tremblants ouvraient les premiers boutons de la chemise qu’elle portait, afin de découvrir un peu plus de peau douce et froide. Et, pourtant, il remontait toujours vers sa bouche, l’empêchant de pousser des cris désespérés à nouveau, l’empêchant de pleurer le deuil. Tout ce qui comptait était de combler la perte. Qu’elle ne sente plus le chagrin, qu’elle ne le sente que lui.


Dernière édition par Alexander P. MacDraw le Ven 13 Aoû - 17:51, édité 1 fois
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Lisbeth B. O'Connor
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MessageSujet: Re: like the lyrics of the sad song | alex&lise   Sam 29 Mai - 1:40

LUI - Mon amour, calme-toi…

Il lui répétait cela depuis un moment quand les paroles d'Alexander parvinrent à franchir à la barrière de chagrin afin de pénétrer son cerveau et qu'elle comprenne. Les cris, les tremblements, tout venait d'elle. Il fallait qu'elle se calme, cependant, elle ne semblait avoir plus aucun pouvoir sur son corps qui se tordait dans tous les sens dans les bras de son amant. Elle avait mal et rien ne semblait arrêter ça, calmer ça. Son cousin avait été tué, son cousin le vampire, l'être immortel avait été tué. Celui qu'elle avait transformé contre son gré car elle ne voulait pas le perdre, car elle ne voulait pas être seule. Au final, elle était la seule responsable de sa mort, à tous les niveaux.

Si elle ne l'avait pas transformé, il serait surement parti loin de Babylone avec sa petite amie blonde, et ils auraient vécu loin du danger. Si elle ne l'avait pas entraîné avec elle dans le combat des Cruor Ac Corpus, il n'aurait pas eu à rester ici, il aurait pu aller tuer des humains dans d'autres contrées. Si elle n'avait pas été avec Alexander, il n'aurait pas pris la peine de la suivre, il n'aurait pas eu à la défendre face à ce vampire, il n'aurait pas eu à mourir pour elle. Un nouveau cri s'échappa de sa gorge, plein de sanglots, résonnant de culpabilité. Elle sentit des bras chauds la serrer plus fort. Puis ses lèvres, qui s'emparèrent de sa bouche afin de l'occuper, d'empêcher les cri de sortir et de résonner ici. Il glissa sa main sur son menton, pour empêcher son visage de s'échapper de son étreinte. La chaleur qu'il dégageait avait le mérite de calmer les réactions physiques de son corps. Les tremblements, palpitations, cessaient doucement. Par contre, des sanglots sans larmes la secouaient toujours.

Il l'embrassait toujours. Comment avait-il fait lui ? Comment avait-il pu ? Comment se remettre de la mort de son frère ? Il avait perdu Caleb dans d'atroces conditions, elle perdait aujourd'hui Dwight, d'une façon similaire. Dwight, qu'elle avait toujours considéré comme son frère. Qui l'avait toujours protégé contre vents et marées et lui avait sauvé la vie à plusieurs reprises. Et aujourd'hui... Il n'était plus là. Plus dans ce monde. Plus avec elle. Comment Alexander faisait-il pour être encore debout ? Pour l'embrasser encore ? Pour respirer même, alors que son frère ne vivait plus.

LUI - Tu n’es pas seule, Lisbeth.

Pourtant en ce moment même, elle se sentait plus seule que jamais. Pourtant, elle percevait la présence d'Alex près d'elle, même de manière ténue. Mais rien n'y faisait. Dans son cœur, dans sa tête, dans son corps, ne résonnait que la peine et le chagrin. La perte et les tourments. Le manque et la colère. La revanche aussi, commençait à se faire son chemin pour plus tard. Il ne vivait plus, son ange gardien. Son protecteur. Son frère. Rien ne faisait plus mal que cette pensée lancinante qui martyrisait son esprit.

Elle étouffait. Sa vue se brouillait, elle mourait à son tour. Elle le devait. Son corps ne pouvait supporter tant de peine, il fallait que cela cesse. Et puis, brusquement, un nouveau baiser sur ses lèvres lui apporta de l'air. Une étreinte lui fit réaliser que son corps ressentait la chaleur également, en plus de la douleur. Elle s'accrocha à cela comme une âme mourante, se saisit du jeune homme par le cou pour qu'il continue à l'embrasser et lui apporter de l'air pour respirer.

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MessageSujet: Re: like the lyrics of the sad song | alex&lise   Ven 13 Aoû - 22:43

C’était bien trop douloureux. Insoutenable. Elle souffrait et cela lui semblait intolérable, même si la confirmation de ce qu’il avait toujours pensé était là. Bien qu’il fût persuadé qu’elle était morte – sa condition de vampire, sa peau froide, ses iris rouges, ne laissaient aucun doute quant à ce fait – le jeune lycan avait toujours eu la folle certitude que Lisbeth avait gardé une part de son humanité honteusement, brutalement, arrachée. En sa présence, elle se montrait toujours d’un cynisme terrible, elle se murait derrière un masque d’animosité. Comme si elle ne souffrait pas de sa condition, elle n’avait pas hésité à creuser leurs déjà trop grandes différences dès le soir de leurs retrouvailles et, depuis cette nuit-là, elle ne cessait plus de lui faire remarquer qu’ils n’étaient pas de la même espèce, en le rabaissant, en s’échappant de ses étreintes, en brisant un par un les derniers espoirs de l’amoureux transi. Pourtant, tous les efforts de Lisbeth en la matière étaient restés vains. Le lycan avait toujours songé à la faille qui trahirait ce masque impassible, et ce dernier venait visiblement de se briser, d’éclater en des milliers de morceaux irrécupérables. Finalement, elle comprenait, elle ressentait, elle s’autorisait les émotions humaines, elle s’abandonnait entièrement contre elles, ne se reposaient plus que sur elles. Si elle avait eu la capacité de verser des larmes, il avait la fine certitude qu’elle en serait à court, tant son chagrin était grand. Elle était désespérée. Il était au supplice.

Finalement, ce qu’il avait tant souhaité était arrivé. Lisbeth et lui avaient un point commun. Malheureusement, il ne s’agissait que d’une souffrance, une perte, une plaie profonde au cœur, qui les assemblaient dans la peine. La détresse de la jeune femme, les cris qui s’échappaient de ses lèvres torturées en un rictus, son souffle entrecoupé par des sanglots sans larme, étaient une torture pour le lycan, et ses bras enserraient plus fermement sa taille, la soutenaient, l’empêchaient de sombrer dans l’inconscience. Cette vue, une Lisbeth vulnérable, brisée, lui semblait tout droit sortie de son enfer personnel. Et c’était plus douloureux encore que la perte qu’elle subissait, contre laquelle elle se rebellait, il l’avait vécue par deux fois. Les souvenirs d’alors affluaient, remontaient violemment à la surface, provoquant des ravages contre lesquels il ne pouvait rien. Il se souvenait de la nuit de la mort de Caleb, son petit frère ; cette même nuit où il s’était transformé en loup pour la toute première fois ; cette même nuit où il avait vu Lisbeth sous son porche pour la toute dernière fois. Cette nuit restait dans la plus pénible de toute sa vie, il s’était senti mourir, étouffé, oppressé par des forces invisibles. Ainsi, il comprenait parfaitement son ennemie naturelle, tentait d’aspirer son mal, leurs maux, à l’aide de ses lèvres qui fourrageaient dans ses cheveux, qui glissaient sur son visage de marbre, qui s’écrasaient sur sa bouche assassine. La perte de Phyllis, également, le percuta de plein fouet. C’était indubitable, elle lui manquait. Il n’avait eu qu’elle durant de longues années ; elle avait été son amie, sa confidente, sa seule famille, et elle n’était plus. Comme la nuit de sa mutation, la guerre d’Avril avait laissée des traces, des cicatrices plus sanguinolentes qu’il n’avait pu l’imaginer, et c’était Lisbeth, ses cris, son affliction, qui réveillaient tout cela. Elle s’accrochait à lui comme s’il avait été son dernier moyen de survie, ses mains se plaquant contre sa nuque, ses lèvres quémandant l’oxygène dont elle manquait, et dont elle semblait finalement avoir besoin – preuve que la douleur réveillait sa part humaine.

LUI ; « Lisbeth, attends... argua-t-il, haletant, à la recherche de son souffle, tandis que ses lèvres se détachaient de celles de la jeune femme. Tout ira bien. »

Il l’avait asséné avec une telle force, une conviction dont il ignorait la provenance, qu’il s’en était convaincu lui-même, alors que les rouages de sa raison s’embrouillaient, choqués par le mensonge éhonté. Ses doigts caressèrent la joue de glace, glissèrent sur le menton à la texture du verre, soulevèrent le visage pétrifié ; ses lèvres effleurèrent les paupières lavandes, et il souffla encore quelques mots apaisants, tandis que ses bras soulevaient le corps de Lisbeth. Il la portait délicatement, tous ces pas mesurés dans une allure réconfortante, la déposa sur le canapé aux couleurs altérées, caressa ses boucles brunes avant de se séparer de leur étreinte. Il venait de se souvenir qu’il avait muté pendant la bagarre avec le meurtrier de Dwight, avait détruit la totalité de ses vêtements, et qu’il n’était certainement pas le moment de profiter de la vulnérabilité de la jeune endeuillée. Cette vieille ferme avait été le quartier général de sa meute avant la guerre, et ils n’avaient rien emportés, avaient tout laissé en plan. Les lits d’appoints dans l’autres pièces, les cartons et coffres renfermant les premières nécessités. Il adressa un regard rassurant à Lisbeth, lui fit signe qu’il revenait dans une seconde et s’élança dans la pièce attenante. La porte grinça lorsqu’il l’ouvrit, et il plissa les yeux à la vue de la salle qui avait servie de chambre à ceux qui montaient la garde tandis que les autres traquaient l’ennemi. Le souvenir de Phyllis était partout, teintait la moindre ombre qui croisait son regard scrutateur ; c’était la première fois qu’il revenait depuis les évènements, et il s’en voulait de n’avoir pas choisi un autre endroit. Rejetant ses sombres pensées, Alexander s’avança d’un pas résolument décidé, fit tomber quelques caisses, fouilla un carton, en ressortit des vêtements qu’il enfila à la hâte. Le tee-shirt, d’un bleu affreusement délavé, appartenait à Conrad, mais ce dernier ne lui en tiendrait probablement pas rigueur ; la robe blanche, salie, souillée par la poussière, sur laquelle ses iris venaient de buter était à Phyllis, et cette vue brouilla son regard, finit d’assommer son esprit brumeux. Il fut prit d’une terrible envie de détruire, un feulement s’échappa de ses lèvres, il envoya le carton valser, qui s’écrasa piteusement contre le mur en vis-à-vis. Le contrecoup. C’était la peine qui était la plus douloureuse, mais c’était la colère qui l’avait toujours animé, qui avait faire le plus de dégâts. Le besoin de vengeance qui revenait brutalement. Quittant l’ancienne chambre, il revint dans la salle principale en trombe. Lisbeth, assise sur le canapé, avait tourné les yeux dans sa direction, probablement alertée par le hurlement animal qu’il avait laissé échapper quelques secondes auparavant.

LUI ; « Ne vois-tu pas ? »

Sa voix était rauque, basse, assourdie par les flammes de sa rage, de son besoin d’exploser. Il s’avança, plus canin, menaçant, alors que réellement homme. Les buveurs de sang lui avaient violemment arraché son petit-frère, l’avaient transformé en protecteur animal, l’avaient séparé de ses parents, lui avaient dérobé Phyllis. Phyllis qui, ici même dans cette pièce, avant qu’ils ne comprennent qu’il était l’Alpha de la future meute de Babylon, l’avait entrainé, l’avait épaulé, l’avait aidé à tout oublier, à tout refouler. Comment disait-elle, déjà ? Respirer, fermer les yeux, ne penser à rien. Il s’exécuta, invoqua le calme, et le souvenir de la Lisbeth déchirée par le deuil l’assaillit à nouveau. Impossible. Il lui était impossible de ne penser à rien. Il avait continué de s’approcher, s’arrêta à la hauteur de la jeune femme, baissa la tête pour planter ses prunelles menaçantes dans le rouge meurtrier des siennes.

LUI ; « C’est ce qu’ils font... Ce que vous faîtes ! se reprit-il afin de donner plus d’ampleur à ses mots. En cet instant, n’existait plus que le lycan, la haine qu’il vouait aux sangsues. Il sentait les larmes – de rage, les larmes – brouiller sa vue, tandis que sa voix prenait des accents accusateurs. Déchirer des familles, arracher des vies, réduire l’espèce humaine à une simple histoire de chaine alimentaire. On t’a enlevé Dwight comme tu as probablement dérobé le frère de quelqu’un, le fils de quelqu’un... L’amant de quelqu’un. ajouta-t-il avec plus de véhémence, comme s’il avait parlé d’eux-mêmes. Justement, il y venait... Comme on t’a arraché à moi. »

S’il n’avait pas été animé par un sentiment plus puissant que le désespoir qui envahissait chacun de ses membres, il serait probablement tombé à genoux tant ce qu’il lui confiait en cet instant était important. Tant tous ces mots avaient demandé à être exprimés, tant toutes ces paroles le brûlaient. À la place, ce fut un rire caustique qui prit naissance dans les tréfonds de sa gorge et claqua dans l’air confiné de la vieille ferme abandonnée.

LUI ; « Comment peux-tu nous traiter, ma meute et moi, de chiens alors que les tiens, les êtres de ta condition, te privent de ta seule famille ? »

Il avait conscience d’être brutal, injuste, déchirant. Les mots, pourtant, refusaient de demeurer en lui, ils avaient été trop longtemps confinés dans son esprit. Il se souvenait de leurs ébats dans la grotte, de l’atrocité de ses mots lorsqu’elle lui avait rappelé qu’il n’était qu’un lycanthrope, un animal. Comment avait-elle osé, alors qu’elle-même n’était que ce meurtrier sanglant ? Il laissa échapper un juron, tandis que sa main fébrile s’abattait dans le désordre de sa crinière cuivrée.


Dernière édition par Alexander P. MacDraw le Sam 14 Aoû - 3:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: like the lyrics of the sad song | alex&lise   Sam 14 Aoû - 0:10

    LUI ; « Lisbeth, attends... argua-t-il, haletant, à la recherche de son souffle, tandis que ses lèvres se détachaient de celles de la jeune femme. Tout ira bien. »

    Il s'éloigna de son visage sur cette affirmation. La jeune vampire sentit peu à peu la chaleur quitter sa peau et revenir à une température glacée. C'était comme si la douleur amplifiait encore plus ses sens déjà affutés. N'importe quoi autour d'elle, faisait mal. Que ce soit la lumière qui heurtait ses iris ou la brise qui assourdissait ses tympans. Lise n'était pas habitué à ses émotions. Il lui semblait qu'auparavant, humaine, elle les avait expérimentées, mais rien n'était comparable. Tout ce qui datait de cette époque lui paraissait fade et sans saveur, même les plus jolies choses, les plus nobles sentiments. En devenant un vampire, on changeait complétement de façon de percevoir. Comme si notre âme se libérait de détails, de principes humains. En disposant de l'éternité, le bien ou le mal n'avaient plus grande importance. Ce qui comptait, était le plaisir. Le plaisir du sang, de la chair, de la vitesse, d'une vie sans fin.

    De constater que la vie, vampire ou non, avait une fin, et l'expérimenter de manière si brutale, avait ramené Lisbeth a une dure réalité. D'où la douleur. D'où cet affreux sentiment de vulnérabilité. Cette faiblesse, ce côté... humain.

    Sur cette dernière pensée, elle sentit son corps être soulevé du sol par les bras chaud. Instantanément, le contact la brûla. Douleur encore plus vive que les bruits ou l'odeur de chien. La brûlure était affreuse, sa peau de glace hurlait. Pourtant, Lise ne fit pas le moindre geste pour échapper à la douleur. Au contraire, cette distraction puissante lui permettait de se concentrer. Trop tôt au gout du vampire, la douleur disparu alors qu'on la déposait sur un canapé. Elle vit bien une silhouette se diriger vers une autre pièce, mais son esprit était encore trop perturber par la douleur pour prendre en compte le monde qui l'entourait.

    Petit à petit cependant, la douleur se fit plus ténue. Lisbeth commença à discerner ce qui se trouvait autour d'elle, et où elle se trouvait. Assise sur un vieux canapé quelque peu défoncé, la pièce sentait le refermé, le bois, la moisisure, et les tissus anciens. Son odorat decernait tous ces légers détails derrière une puanteur incroyable. Comme si l'endroit était plein d'une dizaine de loups. Heureusement que son être s'habituait à supporter le supplice, rester ici n'était pas si compliqué que cela après tout. Concentrée sur son odorat, le vampire se tendit brusquement lorsqu'un bruit perçant vint éclater à ses tympans. Ses yeux se dirigèrent instinctivement vers l'endroit où Alexander avait disparu, et elle le vit rapidement réapparaitre à la porte, le visage déchiré par la rage. Etait il le reflect du sien ?

    LUI ; « Ne vois-tu pas ? »

    La voix l'avait surprise, ce n'était pas le ton habituel d'Alex. Elle plissa les paupières, au fond ravie d'avoir de la distraction à sa douleur.

    LUI ; « C’est ce qu’ils font... Ce que vous faîtes ! »

    Le vampire glacé en elle, fronça les sourcils, chassant en un instant l'humain. Les sentiments étaient si incontrolables que Lise était devenue un être des plus lunatiques. Se distraire de la perte de Dwight en s'en prenant à Alexander était la meilleure solution pour le vampire. S'en prendre aux vivants était chose aisée.

    LUI ; « Déchirer des familles, arracher des vies, réduire l’espèce humaine à une simple histoire de chaine alimentaire. On t’a enlevé Dwight comme tu as probablement dérobé le frère de quelqu’un, le fils de quelqu’un... L’amant de quelqu’un. ajouta-t-il avec plus de véhémence, comme s’il avait parlé d’eux-mêmes. Justement, il y venait... Comme on t’a arraché à moi. »
    ELLE ; (criant) Tais toi ! Tu ne sais pas de quoi tu parles !

    Loin de s'offusquer de sa rage et obnubilé par la sienne, Alexander éclata d'un rire mauvais. La rage envahissait le corps du vampire, ses sentiments humains s'éloignant pour laisser place à l'envie de mordre, déchirer, tuer, tant ces paroles l'énervaient. De lui. De lui uniquement car pareil langage, elle l'avait déjà entendu. Mais de sa bouche, c'était de la pure torture.

    LUI ; « Comment peux-tu nous traiter, ma meute et moi, de chiens alors que les tiens, les êtres de ta condition, te privent de ta seule famille ? »

    D'un bond, le vampire se jeta sur lui. Cependant, arrivé en face d'Alexander, Lise rentra les croc pour le heurter avec sa main. Une gifle, violente, résonnant d'un bruit atroce de claquement contre la peau chaude. Un geste tellement... humain. Un vampire aurait mordu, déchirer, déchiqueter, jamais il n'aurait asséné un coup si peu marquant lors d'une lutte. La vérité était là. Ce n'était pas une lutte entre eux. Aucun ne voulait blesser physiquement l'autre. Le véritable combat, était plus profond, il était entre deux esprits, deux âmes et deux coeurs.

    Alexander la regardait, l'étonnement brillait dans ses yeux, et il attendait manifestement qu'elle parle. Sa voix, elle le sentait, était encore enrouée par le chagrin mais elle sortit de ses lèvres fines de manière sifflante, perçante, blessante.

    ELLE ; « Tu ne sais rien des vampires, tu n'es qu'un chien. Et c'est à cause de vous, que je suis ainsi. »

    La surprise dans ses yeux se transforma en une espèce de crainte. Comme s'il craignait qu'elle n'eut perdu l'esprit à raconter des choses pareilles. Rien ne faisait sens pour lui, et pour cause, il ne savait pas. Il ignorait les conditions de sa transformation. Elle ne lui avait jamais dit, personne n'avait jamais su.

    ELLE ; « C'est de la faute de ta meute de chien que tu n'étais pas là le soir de la mort de ton frère ! Ce n'est pas ma faute ! J'étais là ! J'étais chez toi, à t'attendre ! Tu m'avais donné rendez vous et tu n'es jamais venu ! »

    Elle s'était éloigné de lui, se collant au mur le plus loin de son ami, afin de contenir sa rage et colère devant ses derniers souvenirs d'être humain. La douleur de la transformation en revanche, était un souvenir des plus cuisants et encore frais dans sa mémoire.

    ELLE ; « Je suis rentrée, et sur la route, un vampire m'a attaqué. Ils étaient en chasse ce soir là. Ils ont tué... Caleb. Avant moi. J'ai supplié, j'ai supplié qu'on me morde Alexander. Parce que... Parce que... T'aurais préféré que je meurs ? T'aurais préféré que je meurs comme ton frère ce soir là ? T'aurais préféré me voir pourir sous la terre plutôt qu'en face de toi ? Hein ? REPOND ALEX ! »
    ¨
    Sa voix résonna dans la ferme vide et ses yeux percèrent ceux de son meilleur ami. Un silence, un moment de flottement, d'hésitation. Puis, enfin, un murmure.

    ELLE ; « Parce que si c'est le cas, j'ai supplié de rester sur terre en vain. »





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