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 Wash it away { Livia }

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MessageSujet: Wash it away { Livia }   Mar 24 Nov - 2:49

« I see the blood all over your hands
Does it make you feel more like a man?
Was it all just a part of your plan ? »



    Ses yeux étaient clos mais ses sens étaient en éveil. Ses longs cils noirs se couchaient, caressant le haut de ses pommettes rosies insensibles à ce ruissellement brûlant de rage qui ravageait ses joues depuis des heures, son corps semblait immobile et était pourtant parcouru de frissons. La solitude comme seule amie, elle ne parvenait pourtant pas à se débarrasser de cette honte persistante et pernicieuse qui s'insinuait dans son esprit et semait le trouble dans un moment d'accalmie. Il était temps pour elle de lâcher prise, évacuer un surplus de souvenirs, de douleurs et de regrets mais sa fierté s'obstinait, lui insufflant l'ignominie qui de coutume lui était étrangère. L'humilité n'avait certes jamais été de ses qualités, elle avait toujours eu la prétention de dire que les larmes étaient pour les faibles et les faibles n'avaient de place ni dans son cœur, ni sur ce sol. Et pourtant la jolie blonde s'effondrait. Plus le temps passait, plus la lassitude la gagnait gangrenant son esprit, embuant sa réflexion. Elle perdait sa lucidité, son éternité lui sembla alors féroce et impitoyable, abominablement cruelle. Son géniteur avait fait preuve d'un égoïsme exacerbé, une envie fugace de remplir le vide de son existence. Elle avait failli à cette simple mission, même le monstre qui l'avait engendrée l'avait lâchement abandonnée, offrant ses faveurs à quelques activités plus distrayantes et à moindres responsabilité. Il était si aisé de se nourrir, vider les hommes, les femmes et les enfants de leur fluide vital, opération simple, indolore et bienfaitrice, il en allait tout autrement lorsqu'il s'agissait de modeler un être supérieur à son image, partager son savoir, l'éduquer. Il s'agissait là d'une expérience nettement moins agréable et tellement plus rare. Elle-même n'était pas exactement un modèle de géniteur, elle ne s'intéressait à sa création que depuis peu. Son propre détachement avait, bien des fois, été la source de malheurs et tout ces souvenirs, se liguant soudain contre elle, lui revenaient en plein visage. Ils étaient là, juste de l'autre côté du miroir, la narguant, lui montrant toute la futilité de son existence. Le pire était à dire. Son répugnant état, elle ne le devait qu'à deux personnes, deux êtres aussi détestables l'un que l'autre bien que chacun d'une manière bien différente. La cruauté de l'un se matérialisait par un intérêt pour sa personne; il l'avait charmé, s'était assuré une place dans chaque infime cellule de son être avant de disparaître. Puis il lui avait asséner le coup fatal, alors qu'elle pensait avoir fait ses adieux au manque qu'avait engendré a disparition, en revenant à la terre qu'elle avait douloureusement colonisée. L'autre...l'autre n'était que l'amour du premier. D'autant plus détestable qu'elle ne semblait pas capable de saisir la chance qui lui été offerte. Elle ne le méritait pas bien entendu, mais Alister semblait sourd à la raison. Pouvait-elle encore espérer qu'on l'épargnât?

    Et la peine laissa place à la faim. Une faim tenace qui l'obnubilait. Elle aurait voulu penser à autre chose qu'elle n'aurait pu. C'était une soif entêtante. Chaque minuscule cellule de son être la suppliait de l'abreuver. Et la vile rage faisait à son tour son apparition, lui murmurant doucereusement que le craquement d'une nuque, une jugulaire déversant un si précieux liquide rubis, délicatement chauffé par une enveloppe corporelle sans grande importance se déversant dans sa gorge, rougissant ses canines immaculées, prodiguant une douce caresse reconnaissante à ses lèvres vermeilles; était exactement ce dont elle avait besoin pour évacuer un trop plein d'émotion. Elle devait regagner la concentration d'une traque. Le système d'alimentation au sein de la ville lui déplaisait au plus haut point, l'élixir était certes le même mais manquait cruellement de ce petit goût sucré que lui procurait l'adrénaline d'une bonne frayeur, rassasiant mais comparable en tout point à un tofu au goût fadasse. L'air frais lui fit l'effet d'une renaissance. Drapée d'un tissu volatile qui effleurait ses formes lorsqu'elle avançait, le froid la giflait sans vergogne, attaquant sa chevelure, l'envoyant valser dans son sillage. Sa démarche était fluide à tel point que l'attraction terrestre ne semblait pas avoir de prise sur elle. La nuit était fraiche et le silence de plomb, seule son ombre accompagnait ses pas silencieux, et dans son infinie générosité, elle profita de sa promenade avant de se mettre en chasse. La Lune, amie fidèle de ce dernier siècle, diffusait tendrement sa lumière, inondant sa peau de marbre. Elle ne ressentait ni l'envie ni la capacité de sourire, seulement une vague fatigue et la soif, encore elle, qui la torturait perpétuellement afin qu'elle n'oublie jamais sa vile présence. Elle se haïssait d'avoir tant patienter avant de se nourrir, elle se mettait en position d'infériorité dans un besoin futile d'introspection. N'était-elle plus capable de vivre, de se satisfaire de la vie qui l'avait tant comblée? Il était parfaitement hors de propos qu'elle se laisse avoir par le cercle vicieux et vain qu'était la jalousie. Ragaillardie par cette simple certitude, son pas se fit plus certain et dans un réflexe malsain mais néanmoins si agréable, elle porta une cigarette à ses lèvres. Il y avait bien longtemps qu'elle ne se délectait plus de la nicotine intégrant son organisme mais dans un geste récurrent, elle ne pouvait s'empêcher d'y avoir recours. Sans compter que cela la rapprochait de l'ignoble Humanité. Si certains de ses confrères voulaient se fondre dans la masse sans y parvenir, c'était bien le cas contraire pour la Russe. Les Hommes avaient tendance à lui accorder trop de crédit, grand bien lui fasse. Elle savait profiter de cet avantage à sa juste valeur.

    Le craquement d'une brindille retint son attention et son regard émeraude ourlé de rouge se fixa sur l'horizon. Là où un être humain ne voyait que pénombre, Catherine observait une ombre imposante se déplacer rapidement, agilement. Un félin. Elle frémit. Elle s'était presque attendue à ce qu'un sac d'hémoglobine se présente à elle, mais il s'agissait là d'un puma au plus, quelque chose dans ce goût là. Rien de très ragoutant en fait. Elle plissa le nez dans une moue agacée. Elle suivit l'animal des yeux, juste pour vérifier qu'il ne la menait pas à autre chose de plus intéressant. La bestiole marqua une pause, s'arrêtant net et grognant. Catherine n'avait jamais vraiment apprécié les animaux, ils lui avaient toujours été parfaitement inutiles, en cela résidait peut-être l'explication de ce manque d'intérêt. Elle plissa les yeux, se concentrant sur la forme qui non loin du puma était parfaitement immobile. C'était le comble...Elle avait toujours eut une sainte horreur des erreurs de son espèce, se nourrir de sang animal revenant à renier ses instincts les plus profonds. L'ombre bondit. L'animal trépassa. Et la blonde s'élança, soudain curieuse d'un spectacle qui l'avait toujours écœurée. Appuyée contre le tronc d'un arbre robuste, la vampire observait la scène, secouée d'un haut-le-cœur. Devant elle Livia, corps penché en avant dans une posture peu commune, se délectait du nectar fumant qu'éjectait le cadavre. Dans un bruit de succion discret, elle étanchait sa soif. Elle ne fut pas longue à comprendre que quelqu'un l'observait et son regard s'orienta vivement vers elle, son visage de porcelaine affichant un mépris non dissimulé envers la carnivore. Katia se contenta de relâcher sa posture, grimaçant légèrement en faisant aller et venir son regard d'émeraude de Livia à la carcasse. Se concentrant sur sa rivale, elle la gratifia d'un sourire tout juste arrogant.

      «  Quelle façon de vivre originale. Se repaitre d'une boule de poil à l'odeur nauséabonde...C'est si distingué ma chère. Il faut être mentalement déficient pour se nourrir volontairement d'un met si peu attrayant. »
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Livia S. Hagebak
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MessageSujet: Re: Wash it away { Livia }   Mer 2 Déc - 21:20

Aussi étrange et dénué de tout logique que cela puisse paraître, Livia était ressortie de sa confrontation avec Alister et Norman comme vidée de ses forces. Pourtant, ce n’était pas elle qui avait cédé aux sirènes sanguinaires et évanescentes de la vengeance. Elle n’avait de toute manière jamais voulu un tel comportement. Non, du trio parfait qu’ils avaient su former durant ce demi-siècle de bonheur sans faille et sans autre ombre aux tableaux que le passage fugace d’autres membres de leurs espèces, elle avait toujours représenté l’élément équilibré. Et ce quant bien même elle n’était qu’un nouveau-né totalement soumis à ses instincts meurtriers et sauvages. Elle était la voix de la raison lorsque la déraison envahissait les esprits abrutis par quelques vapeurs d’alcool ou fragrances envoutantes de parfum féminin. Malgré cet élément de stabilité qu’elle avait souhaité représenté, elle avait été également la cause du déséquilibre qui s’était installée. Et elle en avait vu les conséquences fatales quelques heures plus tôt. S’y trouvait alors la raison de son sentiment d’être vidée de sa substance. Jusqu’à présent, elle n’avait assisté à nul affrontement entre les deux anciens amis. Elle n’avait été le témoin pris à parti que de leurs cicatrices. Le fait de savoir de quoi il retournait, de la chute des dominos qu’elle avait inconsciemment provoqués lui retirait toutes les forces maigrement acquises jusqu’à présent et la conduisait en cet instant précis à partir en chasse. Livia avait toujours fui le moindre affrontement, avait toujours recherché la paix même lorsqu’elle n’était qu’utopique. Grandir dans une famille humaniste et se fiancer avec un diplomate avait été la cause et la conséquence de sa vision somme toute paisible de la vie en communauté. Mais elle avait poursuivi cette philosophie dans l’après mort qu’on lui avait imposé. Refusant de se nourrir de sang humain même si sa propre survie en dépendait, fuyant la compagnie des membres de son espèce si l’on exceptait Alister et Norman, elle n’avait jamais amorcé un seul combat, n’avait jamais attaqué. Si ce n’était à trois exceptions près dont elle subissait encore amèrement les conséquences. La plus récente était le trou béant qu’avait causé avril 1973 dans son estomac : l’entrelacement des corps dans une explosion sourde et funeste, la perte de ses meilleurs amis et l’odeur détestable des corps brûlés continuaient de la poursuivre dès qu’elle s’approchait de l’endroit maudit, ou même de Babylon. La plus douloureuse remontait à une vingtaine d’année lorsque, seule et sans repère, elle avait attaqué ce petit humain et s’était nourri de son sang, ce dernier se répandant dans ses chairs flétries avec un délice confinant à la folie. Et celui que malgré tout elle ne regrettait absolument pas était la bataille qu’elle avait amorcée dans ce bal musette en France contre un membre de son espèce. A bien y réfléchir, c’était cet élément qui avait déclenché le compte à rebours tendant vers la fin de leur trio mais pourtant, elle recommencerait sans la moindre hésitation.

En sortant du manoir, elle avait volontairement passé à vive allure aux côtés de la clairière afin que les souvenirs trop douloureux qui y étaient attachés ne viennent pas réduire en cendres le peu de forces qu’elle avait encore en elle. S’insinuant au plus profond de la forêt, Livia ferma ses paupières et tendit l’oreille pour trouver de quoi se repaître et emmagasiner quelque substance vitale. Il aurait été dommage de tomber sur un nouveau-né ou un Cazadores dans cet état. Elle avait toutefois du mal à se concentrer, son esprit étant encore bien trop occupée par l’affrontement des deux êtres vivants les plus importants dans son existence éternelle. Elle avait remarqué une dizaine de graciles biches à environ cinq kilomètres mais elle ne les avait pas estimées assez coriace pour étancher sa soif et ses besoins actuels. Finalement, un pas lourd et velouté attira son attention et un sourire carnassier de chasseur se dessina sur ses lèvres pâles. Le prédateur devenait la proie. Les ruminants auraient la vie sauve pour cette fois-ci. Avec grâce et méthode, Livia s’approcha du fauve, étudiant les différents paramètres en jeu, faisant attention à ne pas montrer sa présence, quant bien même il ne pourrait en aucune manière lui échapper. A l’inverse des êtres humains, les animaux étaient bien plus difficiles à attraper. Ils savaient se fondre dans le décor sans faire le moindre bruit. Se taire n’était pas un problème pour ces êtres de la nature. Et ils étaient capables de se battre jusqu’au bout, même lorsque l’issue était close quand l’humain présentait un peu trop facilement sa nuque à la lame affutée du destin. Pourtant, la vampire attrapa sans le moindre encombre le puma et commençait à se repaître de son nectar brûlant lorsqu’une voix honnie la gela dans son banquet improvisé. Elle caressa le pelage encore chaud de l’animal, le remercia dans un chuchotement, et lui brisa la nuque pour que ses souffrances cessent. Elle ne supportait pas d’attendre que le cœur s’arrête progressivement de battre. C’était un des sons des plus insupportables et douloureux qu’il lui ait jamais été présenté.

Ses pupilles dorées s’obscurcirent non pas de faim mais réellement de colère. Elle ignorait comment elle parvenait à se maintenir et ce qui la retenait de sauter à la gorge de Catherina mais une chose était sûre : l’envie ne lui en manquait pas. La première fois, elle n’avait d’ailleurs pas hésité causant une panique sans nom parmi les humains. La jalousie était toujours bien présente lorsqu’elle promenait son regard furieux sur la silhouette voluptueuse de la vampire. Il n’était guère étonnant qu’Alister l’ait trouvé à son goût. Il ne l’était pas davantage que Livia se jette sur elle lorsqu’elle avait osé se trouver aux mêmes endroits qu’eux et qu’elle avait agi avec ce dernier comme si la jeune vampire n’était pas présente. La différence à l’époque était qu’elle ignorait les liens qui l’unissaient à Alister. Maintenant, c’était différent, elle était sûre de ses sentiments et ne se sentait pas menacée par elle. Seulement, il existait toujours des réflexes, des instincts qui ne se défaisaient pas avec le temps ou l’évolution des individus concernés. Et indubitablement, Catherina resterait toujours une silhouette irritante qui n’insufflerait que haine et goût du sang nécrosé dans les veines éteintes de la suédoise. La mâchoire contractée, le regard brûlant de haine et de volonté de nuire, Livia savait parfaitement qu’elle contrastait avec l’attitude sereine et hautaine de son ennemie. Mais elle s’en contrefichait. L’effort qu’elle déployait pour ne pas lui sauter à la gorge lui coutait déjà suffisamment pour ne pas qu’elle se préoccupe de sa tenue. « Pourtant, ce sont bien les plus basses espèces qui se mangent entre elles. Les vautours, les hyènes et autres cafards te ressemblent davantage que la grâce d’un cygne ou d’un puma. Les plus évoluées sont toujours ceux qui font les bonnes décisions, ce qui n’a jamais été ton cas. » Un sourire dédaigneux et suffisant parvint à percer le masque de haine de Livia. « Ce qui a été le cas d’Alister par contre. » Et refuser de faire un choix, cela l’avait mis dans quelle catégorie ? « Qu’est ce que tu fais-là ? » feula-t-elle en reprenant son masque d’animosité. Ce n’était pas réellement une question, elle se contentait de marquer son territoire et de lui signifiait par là qu’elle ferait mieux de partir le plus rapidement et surtout le plus loin. Et soudain, elle eut la vision d’Alister. La jalousie mordante reprit le dessus. Elle voulait qu’elle parte. Non, elle voulait qu’elle meure.

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