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 Lesions in the soil [R.]

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Livia S. Hagebak
SWEET ADMIN | Take these broken wings and learn to fly.
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Age : 34
Votre Prénom/Pseudo : Hélène.
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● Âge Du Perso: 79 ans. En paraît 21, l'âge de son décès.
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MessageSujet: Lesions in the soil [R.]   Mer 27 Mai - 22:54

« And there pockets of pain where the shadows lie. »


L’année 1973 n’avait pas été une bonne année. Non, pas vraiment un excellent cru. Ses sentiments étaient mitigés sur la question. Il y avait bien sûr eu des sources de joie et de bonheur inextinguible. Leur installation à Babylon où elle avait pu regoûter à cette existence humaine, retrouver ces sentiments qu’elle avait abandonné en se retrouvant laissée pour compte dans un monde cruel et inconnu. Les crises de fou rire partagés avec Billy suite à des paris aussi stupides les uns que les autres. Les confidences échangées avec Mayra comme seule deux adolescentes pouvaient conversaient à leur âge et qu’elle n’avait pas eu la chance de connaître de son vivant. Et surtout les retrouvailles avec Alister. A la simple idée de son double, de son alter ego, son cœur se gonfla d’amour pour ce dernier et un sourire se dessina sur ses traits sans qu’elle y ait même pensé un seul instant. De tous ces bonheurs qui l’avaient attendu et surgi de nulle part durant cette année là, il s’agissait du plus remarquable. Mais le sourire sincère et apaisé qui étirait ses lèvres ne changeaient rien à la tristesse gravée dans chacun de ses traits, qui s’épanouissait dans chacun de ses soupirs.

Car 1973 ne se résumait malheureusement pas à cet amour qui un temps avait été mort né et qui aujourd’hui était plus épanoui que jamais. Non, repenser à 1973 lui causait des frissons autant que cela assombrissait son regard pourtant si doré et bon à l’habitude, avant tout ça, avant ce déferlement de haine et de furie. Elle avait perdu à tout jamais Norman et avait tiré un trait sur une part d’elle-même. Cela s’était fait avec heurt et même si elle était capable de le refaire, elle savait que ce ne serait toujours pas sans souffrance de part et d’autre. Et il y avait eu avril … La jeune vampire ne put s’empêcher un frisson la parcourir entièrement, causant un tumulte dans son corps pourtant aussi froid que la glace et aussi dur que l’acier. Elle portait encore les stigmates de la bataille. Elle y avait revu la cause de sa perte. Elle avait combattu avec furie et haine. Elle avait été blessée et aurait manquée d’être tuée pour de bon si Alister n’était pas intervenu. Et surtout, elle avait perdu les deux personnes qui comptaient presque autant que son amant à l’époque. Des personnes qui semblaient perdues à jamais. Billy n’était plus. Il avait été défait sur le champ de bataille. Il était resté sur ce dernier quand la plupart des Ragnarök retournaient vers Babylon. Il avait été noyé sous la masse et quand il fut anéanti totalement, Livia avait senti un souffle glacial la parcourir. Elle ne l’avait appris que bien plus tard. Mais elle l’avait pressenti avant. Si seulement, elle avait pu se tromper. Qui allait lui remonter le moral ? Qui allait-elle apaiser ? Qui allait-il lui faire faire des folies qu’elle ne se serait jamais sentie capable d’accomplir ? Elle avait perdu plus qu’un membre de sa nouvelle famille. Elle avait perdu ce frère de sang qu’elle aurait aimé avoir s’ils avaient eu du sang à partager. Et comme cela ne suffisait pas, elle avait également perdu Mayra. Cette dernière était encore en vie, elle en était persuadée. Mais entre les mains des sanguinaires, combien de temps parviendrait-elle encore à survivre ?

La vampire jeta un coup d’œil sur une pierre qui venait de se détacher sur sa droite. Il faisait sombre dans les cavités offertes par les mines Faulkner où ils avaient trouvé refuge. Mais elle n’avait pas besoin de lumière pour savoir ce qui l’entourait, ou ce qui l’attendait. Elle entendait l’activité humaine dans les niveaux supérieurs, là où ils avaient installé les conduits électriques. Là où ils forçaient les survivants à rester, par crainte que la révélation de leur espèce ne se répande comme une traînée de poudre. Elle n’avait pas envie de voir débarquer ces italiens. Même si elle ne respirait plus autant la joie de vivre, elle tenait à son existence. Ne serait-ce que pour Alister. Elle reporta ensuite son attention sur l’élégante vampire qui se trouvait en face d’elle, à l’autre bout du léger espace dégagé, point de ralliement de deux chemins de fer. Vilde.

Et 1973 avait également été l’année de l’affaire Halloran.

Mayra n’avait pas été la seule humaine de laquelle la vampire s’était rapprochée. Il y avait aussi ce couple mixte qui était mis à l’index du village. Livia était surtout proche de l’épouse avec qui elle partageait de temps à autre des champignons bien précis qui les laissaient dans un état où enfin elle oubliait ce qu’elle était, ce qu’elle était devenue. Et peu avant la bataille, elle avait appris que le mari de son amie était atteint d’une maladie incurable. Elle avait longtemps pesé le pour et le contre. Elle avait pris toutes les précautions, s’assurant que c’était bien ce dont ils voulaient. Et finalement, face à l’urgence de la situation, elle avait transformé Judd. Sans l’autorisation du trio de tête de sa nouvelle famille. Comment avait-elle pu penser que ce serait sans conséquence ? A dire vrai, elle n’avait pas vraiment réfléchi sur ce point. Elle avait suivi son instinct et avait sauvé un être cher d’une mort certaine et quasi immédiate. Avril 1973 et ses conséquences désastreuses lui offrirent un sursis bienvenu. Vilde, Pernille et Aron avaient autre chose en tête. Et avec la débâcle et l’alliance avec les Aniotas, il avait fallu organiser la nouvelle donne. Mais maintenant que cela s’était calmé de ce point de vue là, Livia savait pertinemment qu’elle avait devoir assumer ses actes. Aujourd’hui selon toute vraisemblance.

« Vilde. » salua-t-elle la chef de son clan en mettant une de ses courtes mèches brunes derrière l’oreille. Avril 1973 avait changé bien des choses.

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MessageSujet: Re: Lesions in the soil [R.]   Lun 1 Juin - 1:31

[Chose promise, chose due. Désolée, je ne suis pas particulièrement fière de moi pour ce post]

    C’était un de ces instants où l’activité qui avait occupé l’esprit de Vilde cessait et où les soucis auxquels elle avait soigneusement évité de penser jusqu’alors, ressurgissait avec encore plus de force. Le vampire avait tant à faire depuis l’alliance avec les loups et depuis qu’elle avait décidé de protéger les humains contre l’avidité des Black Blood qu’elle ne prenait jamais le temps simple de s’arrêter, de s’accroupir et de réfléchir aux événements qui s’étaient précipités les derniers mois. De plus, elle se devait de montrer l’exemple et de ne pas s’effondrer devant le clan pour que tout le monde puisse tenir le choc. C’était en de telles occasions qu’elle montrait sa grande fermeté d’âme mais elle se détestait pour cela. Elle aurait tant aimé simplement pleurer, sentir des larmes couler sur sa joue et puis sangloter, sangloter jusqu’à ce que sa peine s’éteigne d’elle-même. Ou plutôt jusqu’à ce que la mort vienne l’emporter pour l’emmener au Walhalla. Hélas ! Elle ne pouvait ni pleurer, ni mourir, juste supporter et espérer des jours meilleurs. En attendant, elle ne s’accordait pas un instant de loisir. Les survivants avaient besoin d’elle.

    Vilde avançait le long des couloirs, marchant sur d’anciens rails de la mine abandonnée depuis bien longtemps désormais. Son pas demeurait décidé mais son esprit hésitant vagabondait. Elle demeurait néanmoins sur ses gardes, écoutant avec attention les bruits de l’étage supérieur où étaient installés les humains qui avaient réussi à échapper à l’attaque des sanguinaires. La mine avait désormais une odeur bien particulière, inédite d’ailleurs, mélange des effluves de sang humain qui ne faisait plus depuis bien longtemps d’effet sur les narines de la scandinave, du parfum délicat des peaux vampiriques et des relents détestables et insupportables de loups. Mais Vilde faisait mine de ne pas être dérangée quand elle devait s’entretenir avec Alexander, le chef de la meute. L’alliance était fragile mais elle y tenait. Et ce n’était pas de tels désagréments stupides qui se mettraient sur le chemin de la vengeance. Le noir qui entourait Vilde ne la gênait absolument pas et elle distinguait même les plus fines entailles des murs. Elle songea aux plaintes des humains qui souhaitaient souvent sortir pour voir la lumière du jour. Elle eut un sourire amer. Les vampires avaient l’habitude de demeurer caché et d’éviter le soleil. Rien ne changeait donc de ce point de vue là. Car beaucoup de choses avaient changé.

    Avril 1973 avait bouleversé toutes leurs vies. Ce jour pluvieux où le combat entre les trois plus grands clans vampiriques s’était déroulé à Babylon avait donné naissance à un nouvel ordre mondial tel qu’on ne l’avait jamais vu depuis la disparition des Kongsang. Une fois de plus c’était les Black Blood qui avaient vaincu. Vilde sentit un frisson de haine pure la parcourir. Mais au-delà de ces considérations, elle avait perdu beaucoup plus que la liberté et que son honneur. Elle avait perdu les deux êtres auxquels elle tenait le plus, elle avait perdu ses âmes sœurs. Submergée par la douleur à cette pensée, la jeune femme blonde suffoqua et se retint aux murs, interrompant sa marche. Ils auraient du se tenir là, près d’elle, ils auraient pu la soutenir, l’épauler. Ils avaient été inséparables. Les centaines d’années passées ensemble avaient été une bénédiction qu’elle n’avait pas méritée. Un philosophe disait que lorsque l’on avait connu le bonheur une seule fois, on était capable d’être heureux tout le restant de sa vie. Vilde ne mesurait qu’à présent l’erreur de cette pensée. Tous les souvenirs, le passé entier était enveloppé de souffrance. Tous les moments qu’elle avait passés avec Aron et Pernille lui rappelaient l’horreur de leur disparition. Salauds, salauds, vous m’avez laissée ! Vous m’avez abandonnée avec le poids du clan et des survivants sur les épaules. Avec le poids de la vengeance également.

    Vilde avait su pourtant que se séparer lors de la bataille était une mauvaise idée. Jamais encore, ils n’avaient combattu séparément. A trois, ils avaient été imbattables. Séparés, ils ne valaient rien. Ah, le regard qu’Aron lui avait lancé avant de se lancer à corps perdu contre un Rouge ! Plein de courage et de détermination. La dernière fois qu’ils avaient tous deux communiqué par un simple regard. Puis, Vilde était partie, quelle erreur ! Vilde était partie tandis que Pernille hurlait des imprécations en antique dialecte viking. Elle s’était éloignée, avait tué – elle n’en était plus aussi sûre à la réflexion – quelques vampires nouveaux nés quand elle avait senti que quelque chose ne tournait pas rond. Elle s’était retournée et avait vu l’inimaginable. Pernille avait cessé d’exister et venait de tomber aux pieds de son assassin. Emportée par la rage, Vilde s’était précipitée pour régler son compte au vampire qui venait de la priver de sa cousine qui la comprenait tant. Mais Aron était arrivé avant elle à l’endroit où s’était effondré le corps gracieux de la scandinave. Il avait été pris à parti par plusieurs ennemis avant de succomber à son tour. Quelque chose s’était alors déchiré dans la poitrine de Vilde et aveuglée par sa fureur, elle avait continué à courir pour châtier ceux qui étaient devenus ses ennemis personnels, hurlant sa détresse dans un cri déchirant. Sans avoir le temps de comprendre, elle s’était retrouvée à terre, bousculée par un Black Blood qui s’apprêtait à l’achever. En cet instant, elle le désirait plus que tout. Disparaître elle aussi. Ne plus être. Mais son heure n’était pas venue. Un Ragnarök, Caleb, s’était interposé et lui avait sauvé la vie. Malgré elle, elle avait ordonné la retraite. Terminé. Il fallait sauver ce qui pouvait encore être sauvé. Pour la mémoire d’Aron et Pernille.

    Un abîme de souffrance s’était ouvert en elle et Vilde avait craint chaque instant d’y sombrer. Mais heureusement, pour le moment, rien ne s’était passé même si ce qui s’était brisé dans sa poitrine ne s’était pas refermé. Et ne se refermerait jamais. Mais on comptait sur elle désormais et elle se devait d’assurer l’autorité sur le clan et sur ses membres qui avaient tous perdus des repères et des amis. Les réflexions du vieux vampire furent interrompues par l’arrivée d’un vampire en sens adverse. Elle se redressa et posa ses prunelles dorées sur la nouvelle arrivante. Livia. Une petite Ragnarök adorable et l’une des plus ouvertes avec les humains. Peut être trop. Vilde sentait son désespoir se convertir en colère. Cette ire balayait son malaise et elle le ressentait avec soulagement. Même si la pauvre Livia allait en faire les frais. Quelques temps avant la bataille d’avril 1973, elle avait mordu un humain condamné à mort par sa maladie, un certain Judd Halloran et ce sans en demander l’autorisation aux chefs de clan. Vilde comptait remettre de l’ordre dans ce problème avant le combat mais elle n’en avait pas eu le temps. Mais voilà qui ne saurait tarder désormais.

    - Livia.

    Vilde la salua d’un signe de tête, glaciale. Elle décida d’attaquer abruptement, aveuglée par ses sentiments et se libérant par la même occasion d’une grande partie de sa douleur.

    - Le temps des explications est désormais venu. A quoi as-tu donc pensé à cet instant là ? Pourquoi as-tu pensé qu’il était préférable de transformer quelqu’un en monstre ? Il est de l’ordre des choses de mourir, pour les humains, et jamais, jamais, les vampires ne doivent se prendre pour des divinités et interférer dans l’ordre des choses.

    Ce n’était pas la seule raison. Elle le savait. Elles le savaient.

    - Pourquoi... Pourquoi ne nous as-tu rien dit, à... A Pernille, Aron et moi ?
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MessageSujet: Re: Lesions in the soil [R.]   Mer 3 Juin - 15:36

Le clan avait perdu plus qu’une bataille ce jour-là. Livia s’en rendait compte dès qu’elle posait soin regard sur Vilde, leur unique étoile dirigeante désormais. Elle était plus froide, plus dure que d’habitude. Maintenant, il était rare de la voir sourire, comme si elle était constamment sous tension. Elle ne relâchait la pression que très légèrement en présence de Tennessee. Livia s’en voulait terriblement. Elle n’aurait pas dû s’éloigner du champ de bataille. Elle n’aurait pas dû s’enfoncer dans les bois avec la compagne de celui qui avait fait d’elle ce qu’elle exécrait. Mais avait-elle seulement eu le choix ? Et si elle était restée, qu’est ce que cela aurait changé ? A armes égales, la sauvagerie avait eu le dessus. L’horreur avait toujours le dessus. C’était une chose qu’elle avait appris avec le temps. Tous les moyens étaient bons, tous les moyens se justifiaient du moment que la victoire était au bout de la ligne droite. Un tel positionnement n’était pas compatible avec la philosophie de sa famille d’adoption. Il n’était guère étonnant qu’ils aient alors perdu la bataille. Et plus que ça qu’ils aient perdu les membres les plus chers de leur clan. Les deux tiers de leurs fondateurs. C’était une situation inédite. Jamais dans l’histoire, on ne lui avait rapporté de tels faits. Bien évidement, les fondateurs des sanguinaires étaient morts aujourd’hui mais c’était seulement une lutte intestine qui en avait été la source. Les Kongsangs avaient été entièrement décimé, leur sage fondateur avec. Mais jamais un clan n’avait perdu ses têtes pensantes durant une bataille et s’en était relevé.

L’alliance avec les loups avaient été surprenantes. Mais Livia avaient fait partie des premiers Ragnaröks à s’en enthousiasmer. Enfin, c’était un bien grand mot au vu de l’état de tristesse profonde dans laquelle elle s’était trouvée à l’époque. A l’instar mais dans une moindre mesure que Vilde qui avait perdu ses compagnons de toujours, la jeune vampire avait perdu son entourage au même titre de cette bataille. Les Hallorans n’étaient plus. Et Billy avait été réduit en miettes. Elle s’en voulait terriblement pour cet évènement également. Elle ne cessait de se repasser en boucle ce qui avait bien pu arriver à son meilleur ami. Le seul qui parvenait à lui rendre le sourire et à alléger son existence remplies de choix douloureux et de souffrances intérieures au moment de leur rencontre. Elle aurait dû être là. Elle aurait dû être présente pour lui. Peut être n’aurait-elle pas pu le sauver. Sûrement n’aurait-elle pu le sauver étant donné son manque d’habileté au combat. Mais au moins elle aurait été là. Elle lui aurait tenu la main. Elle l’aurait serré contre elle pour qu’il s’imprègne de son odeur et parte en paix. Elle avait ressenti sa mort comme un échec. Comme pour Thor, son chien alors qu’elle était encore humaine. Elle suppliait sa mère de faire appeler le docteur bien qu’il était en train d’agoniser à côté. Bien que cela n’aurait rien pu changer. Elle n’avait pas été là quand il avait poussé son dernier soupir, qu’il s’était éteint, secoué de spasme. Elle était revenue dans la pièce trop tard et le cri qu’avait poussé son frère aîné lui avait glacé le sang pendant encore des années. Elle n’avait pu voir que le cadavre de son chien et le seul mouvement qui en émanait était le liquide jaunâtre qui s’écoulait de ses narines. La vision la hantait encore aujourd’hui. A croire que la mort ne cessait de l’accompagner. Quand se décidera-t-elle enfin à lui régler son compte ?

Livia reporta son attention sur la belle et immense slave qui se trouvait en face d’elle, majestueuse. Malgré l’obscurité ambiante, elle distinguait parfaitement ses longs cheveux d’or, toujours parfaits au même titre que ses prunelles dorées qui s’assombrissaient au fur et à mesure de ses paroles. Instinctivement, Livia s’immobilisait de plus en plus alors que la colère sourde de son chef emplissait l’air, gonflant et créant des particules de tensions. Elle ne put conserver sa position bien longtemps. Il lui était difficile de reconnaître son erreur. Elle l’aurait fait volontiers. Et au bout du compte, elle regrettait amèrement ce qu’elle avait fait subir au couple Halloran. Pourquoi au final ? Pour un sursis de quelques jours ? Pour qu’ils finissent anéantis par les sanguinaires ? Cela ne leur avait rien apporté. Et les seules choses qu’elle avait su en tirer étaient combien le sang humain était délicieux. Les ennuis en plus.

« Je n’ai jamais cru ça un seul instant, protesta-t-elle. Je sais ce que nous sommes. Je sais que nous ne valons pas mieux que ceux qui nous ont défaits. Mais ils étaient mes amis. Je n’ai pas réfléchi. C’était son choix et la seule solution. Je n’étais pas prête à les laisser partir. Et le libre arbitre dans tout ça ? Je regrette ce que j’ai fait. Mais si je devais le refaire, je le referais sans la moindre hésitation. Je n’avais pas le temps de venir vous prévenir. Il agonisait. » Elle garda le silence quelques instants avant de redresser la tête, fière et droite. Son regard se fit perçant, elle ajouta comme ultime provocation : « Oserais-tu me dire que tu n’aurais pas fait la même chose avec le sheriff si on était arrivé plus tôt ? » Elle avait changé, incontestablement depuis avril 1973. Elle n’était plus la délicate et mutine vampire qu’elle avait toujours représenté dans le clan jusqu’à présent. La petite sœur fragile que tous s’évertuait à protéger. En six mois, elle s’était entraînée dans le but d’une confrontation. Avril avait eu ça de bénéfique ai moins. Elle s’était rendue compte qu’ils étaient fragiles aussi invincibles pouvaient-ils paraître.

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