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 Was It All Worth It -PV-

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MessageSujet: Was It All Worth It -PV-   Mar 26 Mai - 0:12

      CHAPTER ONE;
      Quand les ténèbres envahissent votre vie,
      vous n'avez que deux choix possibles : Les fuir ou y plonger.
      On me force à vivre une vie que je ne désire plus, on me force à vivre sans toi.
      Mes ténèbres sont devenues le seul refuge où ma peine vaut la peine d'être vécue.


***

    On dit que la vie est un cadeau qui mérite qu'on s'y attarde. On dit que la mort est une fatalité qui ne faut craindre. On dit que l'immortalité est un poison qui tente l'esprit faible désireux de vivre à jamais et de ne point mourir. Pour Caleb Rohan Raichan, il n'en était rien. La vie qu'il menait ne valait pas l'attention de s'y pencher, la mort qu'il désirait, l'effrayait au plus haut point et l'immortalité qu'il subissait ne le tentait plus. Alors qui était-il mis à part ce fantôme hantant les mines? Plus rien ne comptait dans la vie du vampire et cela depuis six mois. Le fier et noble guerrier avait laissé doucement la place à cet être vide et fantomatique qu'une blessure avait rendu aveugle. Une large cicatrice lui barrait encore le visage, le défigurant. D'ordinaire, il aurait apprécié ce trésor de guerre mais son cœur et son âme se révélaient vides de toute vie. Comment en aurait-il pu en être autrement quand la raison de son existence l'avait quitté? Arielle. Sa douce et lunatique femme n'était plus. Disparue sur le champ de bataille, Caleb était sans nouvelle désormais. La dernière image qu'il avait d'elle était une scène de combat. Il la revoyait forte et fragile, douce et sauvage menant fièrement son combat, comme si sa survie en dépendait. Les cris d'agonie de certains vampires, de frères Ragnarök vinrent surplomber le beau visage de son souvenir, le terrassant. La guerre était perdue, le clan comptait encore ses morts. Pernille, Aaron, tellement de proches.

    Peu importait le nombre pour Caleb, seule une perte l'accablait. Arielle. Il aurait aimé pouvoir lui souffler son amour, déclencher une de ses colères magistrales dont elle avait le secret. A la place, il observait le silence, prostré au fond des mines. Rien ni personne ne semblait l'atteindre mise à part Vilde et Leandre. L'une qu'il avait sauvée, l'autre qui tentait de le sauver. L'ironie du sort voulait que ce vampire qu'il trouvait idiot, qu'il envoyait balader soit en quelque sorte son seul rempart à la solitude, son seul... ami. De rage, Caleb rejeta la tête en arrière. Adossé à la paroi de la mine, il songeait à tous les bouleversements qui étaient intervenus dans sa vie. La jeune Mayra, esclave de Black Blood. L'alliance avec les loups. Calypso dont il était sans nouvelle. Et lui. Infirme et inutile. Caleb ne comprenait cet acharnement dont les deux vampires étaient si prompts à fournir -comme si le sauver de lui-même devenait leur principale source d'inquiétude. Ne pouvaient-ils pas le laisser partir? Mourir au combat aurait été le plus grand des honneurs pour un guerrier tel que lui mais Vilde en avait décidé autrement. Est-ce une façon bien à elle de le tenir responsable de sa propre survie?

    Celle qu'il considérait comme une sœur, une mère, un mentor avait tout perdu lors de cet affrontement. Les deux parties de son âme. En la sauvant, Caleb l'avait empêché de périr mais il lui avait ôté l'occasion de partir en paix. En quelque sorte, il l'avait condamné à son tour, à cet enfer. Et maintenant, elle lui retournait la pareille mais qui pouvait-être à blâmer dans cette histoire? Dans ce gâchis? Le vampire savait pertinemment que si la situation se représentait à nouveau, il ferait une nouvelle fois barrage de son corps. C'était une promesse qu'il tenait pour ainsi dire. Protéger la femme qui lui avait redonné sa liberté. Aujourd'hui, il devait en subir les conséquences. Six mois après, Caleb n’acceptait toujours pas sa nouvelle condition. Il se sentait vulnérable, pris au piège et sans cesse humilié. Comment pourrait-il en être autrement alors que même la plus simple action se révélait chaotique ? Quand bien même il arrivait à s’orienter dans les mines, le vampire ne pouvait toujours pas chasser seul. Son handicap le rendait totalement vulnérable aux attaques ennemies. Tous les nouveaux nés avides de revanche, les Black Blood conquérants. Son environnement était devenu prison et bourreau. Caleb se releva souplement, une main sur la paroi pour se guider au travers du dédale. Puisant dans ses autres sens, il repéra un loup garou, quelques humains et peut-être un ou deux vampires. Il étouffait. Une main amicale se posa sur son épaule, qu’il repoussa sans ménagement. Son comportement asocial ne s’était trouvé que renforcé face à sa condition. Il refusait la moindre sympathie qu’il jugeait en pitié. Amer, blessant, tous les moyens étaient bons pour se débarrasser des gêneurs. Il ne désirait l’aide de personnes ! Personne. Ce n’était pas compliqué à comprendre non ? Un feulement menaçant s’échappa de sa gorge. L’imprudent s’écarta aussitôt.

    "Je ne voulais que t'aider Caleb" s'insurgea le malheureux. Le susnommé Caleb eut un reniflement de dédain. "Tu veux m'aider? Alors va te faire démembrer par un Black Blood ! Là tu pourras m'aider en m'enlevant ta foutue présence de mon espace vitale" répondit le vampire, hargneux. Ne prêtant pas plus d'attention au malheureux, il reprit sa route jusqu'à buter contre un caillou. Il ne du sa retenue qu’à l’intervention d’une tierce personne. L’odeur le renseigna tout de suite sur son interlocuteur. Un soupire fataliste s’échappa de lui. Leandre, il n’y avait que lui pour oser l’empêcher de se ridiculiser en public. Caleb grogna de mécontentement avant d’accepter son aide pour se redresser sur ses jambes. « Épargnes moi ton refrain sur mes sorties. Je n’ai pas besoin d’un chien d’aveugle, et encore moins d’une nounou, je te l’ai déjà dit » prononça-t-il presque inaudible. Encore une journée où l’humeur de Caleb était au plus bas et où ses penchants suicidaires le tiraillaient. Le vampire ignorait comment Vilde ou même Leandre devinaient ses instants là car il ne manquait pas de se trouver près de lui. « Merci » le remercia-t-il tout de même. Ce simple mot l'écorchait mais il devait rendre à César ce qui appartenait à César. Sans Leandre, il serait mort de soif depuis des lustres. Aussi, pouvait-il mettre sa fierté maladive de côté. « J'ai besoin de prendre l'air! » poursuivit-il en reprenant sa marche, dans une invitation subtile à être accompagné. Demander de la compagnie ou même de l'aide se révélait plus ardu qu'il ne pensait mais le vampire semblait le comprendre suffisamment clairement sans trop de mots.
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Leandre H. Altar
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MessageSujet: Re: Was It All Worth It -PV-   Mar 9 Juin - 14:55

    La souffrance. C'était un mot qui lui était tellement familier ces derniers mois qu'elle en était presque devenue une compagne permanente. Car elle rôdait partout chez les Crusaders en ces temps misérables, mais aussi dans son propre corps, son propre cerveau. Léandre n'était pas sorti indemne de l'affrontement qui s'était tenu il y avait de ça six mois, aussi bien sur le plan physique que moral, comme la plupart de ses congénères.

    Déjà bien affaibli par les coups qu'il avait pris par Norman et Emery, Léandre avait eu beaucoup de mal à se remettre de ses blessures. Il boitait encore légèrement lorsqu'il était entré sur le champ de bataille, le vrai cette fois. Et il était surtout répugné par l'excès de violence dans lequel il allait s'engager. Plus que n'importe qui, Léandre était farouchement opposé aux règlements de compte et refusait la plupart du temps d'y prendre part. Mais cette fois, ça avait été différent. Tous les Ragnaröks devaient se battre et Léandre se voyait mal fuir et les abandonner. Il avait trouvé ici, à Babylon, une seconde famille refusait de laisser tomber, quitte à devoir laisser tomber ses principes moraux et faire couler le sang.

    Peu habitué à des affrontements au corps-à-corps et encore sous le choc des deux précédents, Léandre n'avait pas été un adversaire bien redoutable. Il était parvenu à tuer quelques vampires pour se défendre mais était tombé sur un os face à Black Blood particulièrement en colère. Sa ruse n'avait pas su le sortir de là et il avait ployé sous les coups, sentant la mort venir doucement. Il était alors certain d'y passer lorsqu'il sentit le corps de son adversaire tomber sur lui. Il ne devait sa survie qu'à un Cruor As Corpus furieux, mais déjà il se sentait vidé de toutes forces. La bataille s'essoufflait et il voyait ses amis s'enfuir de ce carnage. Il aurait aimé en faire de même, mais n'avait aucunement le courage ni la bravoure de se relever.

    C'est alors qu'il aperçut un des siens en difficulté. Son esprit se concentra sur la personne et il se rendit compte que c'était Caleb. Il était quasiment certain que s'il allait l'aider, il allait se faire envoyer paître mais c'était un spectacle trop difficile pour lui. Il refusait d'être lâche et il parvint alors à se remettre debout. Tout son dos lui faisait mal et il sentait son sang nécrosé qui se déversait sur sa chemise en lambeaux. Malgré tout, il atteignit Caleb qui se montra particulièrement agressif envers lui. Il paraissait désorienté et voulut même le mordre. Léandre comprit rapidement qu'il n'y voyait plus rien et le rassura par sa voix avant de l'emmener loin du champ de bataille. Loin du sang et de la mort.

    Depuis, une demie-année s'était écoulée et les Crusaders étaient encore en deuil. Il y avait eu beaucoup de pertes, à commencer par celles de Pernille et Aaron. Le clan était détruit et s'était associé aux Aniotas pour former un semblant d'unité contre les sanguinaires Black Blood. Les humains entre leurs mains étaient difficilement récupérables et Léandre avait beaucoup de mal à accepter cette cascade de mauvaises nouvelles. Mais il faisait ce qu'il pouvait pour venir en aide à n'importe qui. Il soutenait Livia, Vilde et surtout, s'assurer de la bonne santé de Caleb qui n'avait toujours pas recouvré la vue. Léandre avait constamment un œil sur lui depuis qu'il l'avait surpris en pleine tentative de suicide. Il avait perdu Arielle, sa femme, dans la bataille et Léandre se sentait extrêmement proche de lui parce qu'il partageait la même douleur, à part sans doute que Caleb n'avait pas pu faire son deuil. En tout cas, il refusait que Caleb se donne la mort et lui apportait du gibier pour qu'il ne meurt pas de faim. Il lui tenait parfois compagnie quand il n'était pas d'humeur trop exécrable et faisait en sorte de le maintenir en vie du mieux qu'il pouvait. Beaucoup de Crusaders avaient du mal à comprendre son entêtement mais Léandre était d'un tel altruisme qu'il refusait de laisser Caleb dans sa détresse.

    Aujourd'hui encore, alors qu'il changeait le pansement d'une survivante humaine qui souffrait d'une grave blessure à la jambe, l'attention de Léandre était focalisée sur tous les bruits ambiantes. Depuis leur défaite, il était extrêmement méfiant et jouait le rôle de pacificateur bien souvent entre les vampires et les loups. Mais ce fut la voix de Caleb qui l'interpella, tandis qu'il semblait être d'une humeur massacrante. Léandre sourit légèrement en terminant sa tâche. Si Caleb sortait, c'était bon signe. Il se dirigea vers lui lorsqu'il le vit chuter et en une micro seconde, il était à ses côtés et le retint. Il n'eut rien le temps de dire que déjà, le vampire lui balançait un sarcasme habituel qui glissa sur Léandre comme sur les plumes d'un canard. Il sourit et redressa Caleb sous les regards moroses des autres Crusaders. La plupart du temps, ils subissaient les affres de Caleb et le voir se faire humilier leur aurait bien plu, mais Léandre leur balança un regard mauvais. Ils se détournèrent vite du spectacle, déçus.

    Léandre tiqua quand Caleb le remercia. Ces instants-là étaient rares, et Léandre assez intelligents pour ne pas venir les gâcher avec un mélodramatique "de rien, c'est naturel, je suis là pour toi..." qui n'aurait fait qu'agacer son protégé. Il le suivit silencieusement lorsqu'il lui proposa de prendre l'air et ils s'éloignèrent du campement sans échanger un mot durant de longues minutes. Malgré ce qu'il s'efforçait de dire, Caleb avait fait d'énormes progrès dans ses déplacements. Leurs sens de vampire aidaient beaucoup il fallait bien le dire. Mais il se laissait moins aller, retrouver une démarche plus assurée.

      - Tu sais Caleb, je pense qu'on pourra bientôt aller chasser ensemble. qu'est-ce que tu en penses?

    Léandre faisait en sorte de bouger un peu son camarade qui s'apitoyait sur son sort et n'avait pas chassé un animal depuis la bataille. Léandre était désormais certain qu'il en était capable, même s'il refusait d'envisager la chose. Et puis, si Léandre parlait de ces choses banales, c'était pour éviter d'être confronté à sa propre perte qui remontait à plus d'un siècle pourtant. Caleb lui faisait penser à lui à cette époque, lorsqu'il avait été un fantôme.

    Il se sentit soudain la force d'en parler. Il ne savait pourquoi, mais à cet instant précis, il eut envie de partager sa douleur avec quelqu'un, et en l'occurrence avec Caleb, celui-là même qui l'avait tellement détesté auparavant. Il prit une grande inspiration avant de se lancer.

      - Je sais que tu as du mal à comprendre pourquoi je t'aide alors que tu m'as toujours considéré comme un moins que rien. Déjà, je crois que je suis trop altruiste pour te laisser mourir et puis je sais aussi ce que c'est que de perdre un être cher...

    C'était peu certes, début laborieux, mais c'était déjà quelque chose. Un pas énorme. Personne n'en savait rien. Personne hormis lui. Ses démons intérieurs allaient-ils enfin cesser de le tourmenter s'il se livrer? Il n'en savait strictement rien...

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MessageSujet: Re: Was It All Worth It -PV-   Mer 10 Juin - 21:03

    Caleb survivait depuis six mois, tentant envers et contre tous de se suicider car pour lui, sa vie de guerrier était finie. Sans Arielle, sa vie perdait son sens, tout s’assombrissait. On le ressentait dans son regard. On sentait son désespoir. A quoi bon continuer ? De faire semblant d’y croire ? Si encore, il avait été en pleine possession de ses moyens, il aurait pu se relever, avancer comme il savait si bien faire. Une guerre ne se fait pas sans morts. Des dommages collatéraux, triste à dire mais vérité à savoir. Durant tout ses siècles, le vampire n’avait prêté attention aux morts –mise à part par sa passion de l’archéologie. Seulement, rien ne l’avait préparé à cette douleur qui s’est installée, à faire face à cette douleur qui faisait si mal. Alors, il luttait, il refrénait son chagrin, refusait de tourner la page. Pourquoi Arielle ne venait-elle pas le hanter comme tous les fantômes de son passé ? Pourquoi son visage s’obstinait déjà à devenir flou dans sa mémoire ? Même le son de sa voix le désertait. Parce qu’il l’aimait moins ? Non. Elle était la personne la plus importante dans son existence. Caleb ressentait l’envie de hurler sa colère, sa tristesse. A la place, il s’exprimer par sa mauvaise humeur, son irascible tendance à casser tout le monde. Tout pour dissimuler son émoi. Il savait pertinemment qu’il tapait sur le système des Crusaders et si autrefois, cela l’aurait amusé, à l’heure actuelle, il s’en foutait. Il luttait trop intérieurement pour prêter attention aux autres. Fallait-il céder ? Abandonner la partie et tourner la page ? Peut-être bien mais il s’y refusait.

    Le vampire aurait tout donné pour ne pas être aveugle, plongé dans ses ténèbres. Le fait de ne rien voir, d’être si vulnérable ne l’aidait en rien. Il haïssait cet état. Et cela se ressentait sur ses fréquentations. Néant. Non, il mentait. Vilde et Leandre veillaient sur lui comme sur un nouveau né un peu trop suicidaire à leur goût. La première qui lui rappelait à quel point maintenant, il était inutile. Pas de sa faute. Il en était conscient mais elle était tout ce qu’il lui restait et dans sa condition, il se révélait dans l’incapacité la plus totale de la protéger. Où était donc sa place maintenant ? Dans sa solitude volontaire, il pouvait néanmoins compter sur Léandre. Qui aurait pu croire que les deux vampires deviendraient aussi proches ? La guerre accomplit bien des miracles apparemment. Caleb se déconcentra l’espace de quelques secondes à cette pensée. Le résultat fut qu’il se sentit chuter en avant, sans la moindre possibilité de retenue. Il entendait presque les sourires des vampires ou autres commentaires d’une rancune tenace. Cependant, rien ne se passa car on l’arrêta dans sa chute. Léandre. Il n’y avait que lui pour s’interposer ainsi. Fidèle à lui-même, il l’attaqua. Un moyen de défense, de se dire qu’il reste toujours Caleb, le vampire désagréable mais très vite, il consentit à le remercier. Pas seulement pour l’aide mais bien pour tout ce qu’il faisait pour lui. Malgré lui. Même un être aussi chiant que lui savait s’incliner devant un homme pour lui montrer sa reconnaissance. Gratitude qu’il s’accentua quand Léandre ne répondit pas. Il lui était reconnaissant de ne pas agrandir son malaise.

    Les deux vampires prirent la tangente pour sortir des mines et respirer le bon air frais qui faisait tant défaut à l’aveugle. Durant de longues minutes, ils conservèrent le silence. Chose qu’apprécia grandement Caleb, qui ne savait pas franchement quoi dire. Enfin si, mais tout ce qu’il lui venait était désagréable, mesquin etc.. Pas vraiment l’idéal dans leur situation. Il fut quand même surpris par la prise de parole du vampire –reniflant d’ailleurs de dédain à ses paroles. « Pourquoi pas danser la Traviata pendant qu’on y est. » s’employa-t-il à dire, comme pour reculer devant ce défi. Chasser sans l’aide de personne ? Caleb doutait d’en être capable. Son existence s’était figée depuis six mois. Faire ce pas reviendrait à sortir de son apitoiement au combien salutaire. Le vampire s’accrochait désespérément à son passé mais il savait aussi que cela ne servait à rien. L’absence restait toujours aussi douloureuse si ce n’est plus. « Dès que je fais un pas dans cette foutue forêt, je me mange un arbre et ça n’a rien d’agréable. Tu me vois vraiment jouer à colin maillard avec une biche ? » Le questionna-t-il d’un ton calme. Sans animosité. Caleb savait pertinemment que son ami essayait de le sortir, de le bouger. Cela l’agaçait tout en le réconfortant d’une certaine mesure. Un bien fou le saisissait à la pensée de ne pas être seul. Lui, le vampire qui fuyait les attachements, voilà qu’il les recherchait. Le monde à l’envers.

    « Je sais que tu as du mal à comprendre pourquoi je t'aide alors que tu m'as toujours considéré comme un moins que rien. Déjà, je crois que je suis trop altruiste pour te laisser mourir et puis je sais aussi ce que c'est que de perdre un être cher... » Prononça Leandre. Caleb se refrogna aussitôt. Il détestait parler de ça et encore plus avec un homme. Non pas qu’il soit misogyne mais il préférait encore raconter ses déboires à une femme plutôt que de montrer une faiblesse à un homme. Son ami n’hésitait pourtant pas. Lequel était le plus faible des deux ? Le Mexicas penchait plus sur sa personne que sur Leandre. Avec un soupire, il s’adossa à l’arbre le plus proche. Deux longues minutes s’écoulèrent avant qu’il ne daigne répondre. « Je n’ai pas eu le temps de lui dire que je l’aimais. On s’est marié à cause d’une stupide réflexion et je n’ai rien dit. Je lui ai hurlé dessus, je lui ai fait l’amour mais je n’ai rien dit. Je.. Je n’ai pas su la protéger, je n’ai pas protégé mon clan. Le déshonneur m’habite mais la seule chose à laquelle je pense c’est elle. Aucun corps. Comment puis-je faire le deuil d’un fantôme ? » S’énerva-t-il sur la fin. Caleb se passa une main sur le visage avant de reprendre la parole. « Comment.. Comment fais-tu ? Le moins que rien dans l’histoire, c’est moi. Il a fallu que je devienne aveugle et veuf pour m’en rendre compte. » En langage Calebien, cela signifiait qu’il lui faisait ses excuses. Il ne changerait pas mais Leandre possédait désormais son respect, chose très rare, à qui, il l’accordait qu’au compte goutte. « Une clope ? » lui proposa-t-il en attrapant un vieux paquet de cigarette de la poche de son pantalon. Vieille habitude qui l’avait repris depuis quelques semaines.


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