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 « who's left and who's leaving ;; LISBETH

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Alexander P. MacDraw

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Age : 30
Votre Prénom/Pseudo : Chris.
Nourriture : Si seulement ils étaient comestibles.
Humeur : Insatiable, jamais rassasié de la peau froide de son ennemie.
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TELL ME EVERYTHING.
● Âge Du Perso: vingt-cinq ans.
● Citation: Il y a une extase qui marque le sommet de la vie, et au-delà de laquelle la vie ne peut pas s'élever. Et le paradoxe de la vie est tel que cette extase vient lorsque l'on est le plus vivant, et elle consiste à oublier totalement que l'on est vivant.
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MessageSujet: « who's left and who's leaving ;; LISBETH   Mar 24 Mar - 22:20


      damprecious23


      The sidewalks are watching me think about you,
      Sparkled with broken glass.
      I'm back with scars to show.
      Back with the streets I know.

    Il était impossible de l’extraire de ses pensées. Terrifié à l’idée d’oublier ce sentiment, bouleversé à l’idée de perdre cette douce brûlure là-même où la main de son ennemie s’était égarée sur sa peau, il ne s’autorisait une halte, pas même une seule. Dans son esprit, il revivait la scène toujours plus intensément. Inlassablement. Comme si, à force de réminiscences, il serait capable de revenir en arrière, d’abandonner ses angoisses irrationnelles, de revivifier des sentiments qu’il jugeait à jamais écartés de sa vie. Cette pensée semblait absurde et, pourtant, rien ne paraissait plus naturel que sa confirmation. S’il n’avait jamais douté du lien qui les unissait, il n’aurait pu imaginer la puissance d’un souvenir en commun. Il lui suffisait de clore les paupières quelques courtes secondes et Lisbeth se retrouvait devant lui, puis contre lui, leurs lèvres scellées en un baiser électrisant. Sa peau, son cœur s’en souvenaient encore. Seule doutait sa raison qui, pour des raisons évidentes, ne pouvait admettre un tel comportement. Tout avait eu lieu, néanmoins. Comment avait-il trouvé la véhémence de franchir tous les remparts ? Il ne le savait lui-même et, pour être franc, celui lui importait peu. Il n’en avait que faire de sa propre intention, il n’aspirait qu’à connaître celle de sa meilleure amie. Ses dernières paroles avaient-elles été dictées selon son vouloir ou parce que, comme lui, elle avait senti la menace ? Se retrouveraient-ils une nouvelle fois par hasard, ou devrait-il partir à sa rencontre, à la recherche des réponses à ses interrogations incessantes ? Plus le lycan s’attardait sur ce souvenir et plus elles s’accumulaient. Il ne cessait de se questionner à propos de la suite, sur ce qui aurait pu se dérouler si, sur cette falaise, ils avaient été laissés seuls plus longuement. Alors que tout les opposait - et Alexander en était parfaitement conscient - il avait senti une force les unir, comme si toutes ces années passées à s’ignorer n’avaient jamais existé, comme si leur condition et clan étaient sans importance aucune. Dès qu’il avait effleuré ses lèvres, tout s’était dissipé, ne persistant que les deux amis de toujours et le feu qui s’était abattu sur le jeune homme.

    BLODWYN ; « Argh, je t’en prie. Epargne-nous les détails. »
    CONRAD ; « Comment veux-tu qu’on traque ces monstres si tu nous... »

    Surpris par une telle intrusion dans son intimité - alors que cela devenait fréquent, le monstre de jais releva brusquement la tête, à la recherche de ses deux comparses. Pourtant, il savait parfaitement que les plus jeunes ne se trouvaient à la ferme, mais qu’ils s’étaient approchés de la ville afin d’assurer la sécurité des plus téméraires. Ses yeux ne rencontrèrent que la fourrure claire de Phyllis qui semblait endormie. Elle était parfaitement éveillée, cependant. Il pouvait sentir son inquiétude croître, la tristesse qu’elle tentait dissimuler derrière des pensées futiles et innocentes. Subitement, les yeux de son amie s’ancrèrent à ses pupilles et ne se dérobèrent pas avant plusieurs secondes. Même s’il l’avait désiré, le lycanthrope n’aurait pu s’en détacher. Si l’ordre de se taire serait, en premier lieu, lancé à l’adresse des plus jeunes loups, il paraissait évident que les pensées de Phyllis étaient plus difficiles à supporter que celles de Blodwyn, et même que les invectives incessantes de Conrad. Elle était torturée par le souvenir qu’il ne cessait de revivre, tourmentée par les mêmes interrogations. Sans que l’Alpha ne puisse le retenir, un feulement claqua dans l’air glacé de la nuit.

    ALEXIS ; « La ferme ! »

    Il parcourut rapidement la forêt environnante d’un regard circulaire. Les arbres sous lesquels il était allongé depuis plusieurs heures n’étaient une protection suffisante face à l’accablement qui s’était abattu sur lui. Il avait besoin d’espace, de liberté d’esprit. Les pensées de sa meute devenaient insupportables. Ils avaient raison, pourtant, et s’il était en le chef, il avait conscience de ne pas moins en fauter. Il en était plus irréfléchi encore.

    PHYLLIS ; « Tout est calme. Tu devrais en profiter pour t’aérer l’esprit. »

    Obéissant au conseil de son amie, l’animal se redressa avec énergie. Ils surveillaient le quartier général des Aniotas depuis près de trois heures, et rien ne s’était encore passé. Aucune odeur suspecte, aucune attaque, rien qui aurait été susceptible de le retenir. En un bond, le monstre reprit forme humaine et disparut dans le bâtiment principal de la ferme.

      [...]

    Il était près de minuit lorsqu’il sortit de la petite chapelle. Les yeux baissés, évaluant l’état des marches qu’il descendait nonchalamment, Alex s’interrogeait sur ce qui l’avait poussé à se recueillir dans un endroit comme celui-ci. Cela faisait des années qu’il en avait terminé avec ces croyances qu’il jugeait totalement infondées et absurdes à présent. Si sa mère l’entendait, elle n’hésiterait certainement pas à lui asséner un joli coup derrière le crâne et, pourtant, il ne comprenait pas comment il aurait pu continuer à avoir la foi. S’il l’avait jamais eue. Depuis la mort de son petit frère et sa transformation, il n’y avait jamais réellement repensé. C’était devenu une évidence. Quel être - aussi puissant fût-il - permettrait-il les meurtres sanglant, donnerait possibilité à ces monstres de retirer la vie ? Descendant la dernière marche, le jeune homme souleva ses paupières, et se regard se posa immédiatement sur une silhouette qu’il ne connaissait que trop bien. Lisbeth ? Il s’arrêta à plusieurs centimètres, fourrant ses mains dans les poches de son jean. Etonné de la voir en ville, dans un premier temps. Puis, l’angoisse de se retrouver face à elle.

    ALEXIS ; « Bonsoir Lisbeth. Tu es bien la dernière personne que je m'attendais à croiser ici... »
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Lisbeth B. O'Connor
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MessageSujet: Re: « who's left and who's leaving ;; LISBETH   Lun 30 Mar - 22:16


      DAMNPRECIOUS23
      I could stay awake just to hear you breathing
      Watch you smile while you are sleeping
      While you're far away dreaming
      I could spend my life in this sweet surrender...

    QUELQUES JOURS PLUS TÔT

    Il ne la lâchait plus. Pire qu'un prédateur, pire qu'un chaperon, il était sur ses traces toute la journée. Le moindre coup de vent, lorsqu'elle s'autorisait à sortir de sa tanière, lui apportait l'effluve dérangeante de son traqueur. Présent le jour et la nuit, il s'arrangeait toutefois pour ne pas lui gâcher la vue. Heureusement d'ailleurs, sinon Lisbeth aurait mis Dwight à terre depuis longtemps. Depuis qu'il l'avait surprise avec Alexander, l'autre soir près de la falaise, son cousin était décidé à l'empêcher par tous les moyens de le fréquenter de nouveau.

    LISBETH; Arrête de me suivre.

    Assise dans un grand fauteuil de la salle à manger, un livre sur les genoux, Lisbeth était silencieuse et immobile depuis près de trois heures maintenant. Et Dwight n'avait pas relâché sa vigilance une seule seconde. Elle avait espéré l'avoir à l'usure. Quand on dispose de l'éternité devant soi, le temps devient tout de suite plus relatif. Pourtant, il arrivait encore à la jeune femme de trouver les secondes trop longues parfois. Comme en ce moment même, alors que son cousin tendait l'oreille en sa direction depuis la chambre à côté. Il calquait désormais son emploi du temps sur le sien, chassait avec elle, mangeait avec elle, sortait avec elle... Et surtout, la privait de son indépendance qui lui était si chère. Une chose que la jeune vampire aimait dans sa condition était qu'elle n'était plus soumise aux aléas de l'existence humaine. Il n'y avait pas d'être plus libre qu'un vampire qui voguait dans l'espace et les millénaires sans arrêter sa course. Souvent, elle s'était demandé pourquoi elle restait à Babylon, elle qui n'en avait pas grand chose à faire de ce conflit d'intérêts entre vampires. Pourquoi ne pas partir ? Partir loin. Explorer. Découvrir. Il y avait tant à voir. Et puis la réponse venait d'elle même, inconsciente, insidieuse et dérangeante.

    Alexander. Car s'il y avait une chose qu'elle n'aimait pas dans sa condition, c'était la distance instaurée entre elle et lui. Distance qui avait disparue l'espace de quelques instants, l'autre jour à la falaise. Et que Dwight refusait maintenant de la laisser.

    DWIGHT; Je ne te suis pas.
    LISBETH; Oh vraiment ? Alors que fais tu ?
    DWIGHT; Je traîne dans le coin.
    LISBETH; Bah va traîner plus loin...
    DWIGHT; Tu vas aller le retrouver hein ? L'autre chien ?
    LISBETH; (se tournant vers lui) Non. Je ne veux pas le voir. Et puis de toute façon ça ne te regarde pas. Je suis grande, je fais ce que je veux.
    DWIGHT; (grognant) Justement non ! Tes conneries m'ont fait perdre quelqu'un que j'aimais ! N'oublie jamais ça ! Alors il est hors de question que tu échappes à cette règle. Les vampires ne revoient pas leurs attaches passées. De plus, c'est un loup, et tu mettrais tout le clan en danger. Ils m'ont dit de te surveiller.
    LISBETH; Surveille moi tant que tu le veux, tu sais très bien que je pourrais toujours échapper à ta vigilance. Je ne le reverrais pas, tu peux le dire aux autres.
    DWIGHT; Très bien, promets le.
    LISBETH; (après un silence) Je te le promets. Et pour Némésis tu sais que je suis...
    DWIGHT; Je ne veux pas en parler. (sortant) A plus tard.
    LISBETH; (bas)... vraiment désolée.

    Depuis qu'elle avait transformé son cousin en vampire, il y a quelques années, les relations entre les deux cousins s'étaient beaucoup détériorées. Les deux enfants qui avaient l'habitude de jouer ensemble et de se protéger étaient loin derrière eux désormais. S'ils collaboraient pour toutes chasses ou rixes, le jeune homme ne lui parlait que peu, ou alors pour s'opposer à ses projets au sein du clan.

    AUJOURD'HUI

    Depuis qu'elle avait donné sa parole, Dwight avait arrêté de la suivre. Les autres membres des Cruors ne la regardaient plus avec suspicion mais écoutaient peu les recommandations de la jeune femme quant aux combats. C'était la raison qui l'avait poussé à prendre ses décisions seule. Cela faisait plusieurs jours qu'elle avait repéré un endroit où deux ou trois Black Blood se rendaient souvent pour chasser, près du cimetière, s'attaquant aux proies venues seules se recueillir sur les tombes. Elle y avait croisé Angus une semaine auparavant, et y était retournée plusieurs fois pour découvrir que c'était un terrain de chasse privilégié.

    Lisbeth avait eu envie d'évacuer sa frustration par une partie de chasse. Dans ces moments là, elle parvenait à laisser libre court à ses réflexes et de ne plus écouter la moindre de ses pensées et le silence faisait du bien. Au crépuscule, elle s'était rendue au cimetière, et s'était tapie dans l'ombre en attendant sa proie humaine. Pendant presque deux heures, elle n'avait pas fait le moindre mouvement, pas laissé échappé le moindre souffle. Surprenant pour une jeune femme qui avait l'habitude d'être en perpétuel mouvement. Cependant, au bout de tout ce temps, elle se lassa de sa position et prit la décision d'aller se promener entre les allées du cimetière. A cette heure-ci, il n'y aurait probablement plus personne pour venir se promener ici. Le cimetière était plutôt mal tenu, trop en dehors de la ville pour qu'on s'en préoccupe réellement. Les pas de la jeune femme la menèrent directement à la tombe qu'elle n'avait jamais visité depuis l'enterrement, 7 ans plus tôt.

    Caleb MacDraw
    1954 - 1965


    La tombe avait été fleurie il y a une semaine, les fleurs n'étant pas encore tout à fait mortes. Fixant silencieusement la pierre, la jeune femme se demanda si c'était Alexander qui y était passé, ou ses parents. Elle aurait voulu avoir le courage de venir plus tôt ici, pour penser au petit garçon qui l'avait tant fait rire il y a quelques années. Au moment où la jeune vampire s'apprêtait à s'abaisser pour poser ses doigts sur la pierre tout aussi froide qu'elle, un bras encercla son cou et des dents se heurtèrent à son cou. En quelques secondes, elle se détacha de l'emprise du vampire. Des yeux rouges sang, un visage inconnu. Un membre des Black Blood.

      [...]


    Lisbeth s'était traînée jusqu'aux escaliers à l'entrée de la chapelle de la ville. Le combat avait été rapide mais non sans conséquences. Le Black Blood était beaucoup plus entraîné qu'elle et elle n'avait du son salut qu'à sa connaissance encore parfaite des lieux. C'était l'avantage qu'elle tenait d'avoir vécu toute sa vie dans cette ville et d'en avoir exploré tous les recoins. L'affrontement les avait laissé tous les deux vivants mais blessés. Son ennemi s'était enfui dans la forêt alors qu'elle avait rejoint la petite chapelle. Son t-shirt avait été sauvagement lacéré, et, si elle ne pouvait pas saigner, sa chair était à vif sur de longs centimètres. Amèrement, elle pensait que c'était une bien mauvaise punition, si elle ne pouvait pas mourir de pouvoir encore souffrir. Elle ne respirait pas, car cela lui faisait encore plus mal. La main posée sur la chair à vif, elle n'osait la soulever pour voir l'état de la plaie.

    ALEXANDER; Bonsoir Lisbeth. Tu es bien la dernière personne que je m'attendais à croiser ici...
    LISBETH; (bas) Va t'en.


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Alexander P. MacDraw

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● Âge Du Perso: vingt-cinq ans.
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MessageSujet: Re: « who's left and who's leaving ;; LISBETH   Ven 29 Mai - 19:05


      damprecious23

      So turn and turn again.
      We are calling in all the ships.
      Every traveler please come home,
      And tell us all that you have seen.

    Il n’y avait pas d’échappatoire, aucun moyen de se retirer discrètement et en silence. La possibilité d’oublier ces quelques secondes n’existait pas. Paralysé, alors qu’elle se trouvait devant lui, il ne pouvait se résoudre à agir avec un semblant d’entendement, ou même une once de bravoure. La raison aurait voulu qu’il tourne simplement les talons, qu’il s’éloigne d’elle, mais il en était tout autrement de ce qu’il ressentait au fond de lui. A la seule idée qu’ils pussent se perdre à nouveau, tous ses membres s’immobilisaient, comme brisés par l’évidence. Il était faible. Alexander avait toujours été atrocement faible lorsqu’il s’agissait d’elle. Entre eux, il n’y avait jamais vraiment eu d’alternatives, jamais d’éventualités. Enfants déjà, tous les faits, tous les gestes de l’un évoquaient irrémédiablement les actions de l’autre. Il était difficile de saisir l’étendue d’une telle fusion, particulièrement lorsque l’on connaissait le tempérament de la jeune femme. Lisbeth avait toujours été la forte tête, la battante, celle qui courait devant tout le monde à la recherche d’interdits qu’elle s’empressait de briser. Elle s’était toujours déclarée fièrement indépendante, et il était évident que, pour certains habitants, Alex n’avait été que l’amoureux transi, celui qui subissait et tolérait le moindre écart de conduite afin de se voir autoriser quelques heures en compagnie de l’intrépide qu’il chérissait. Cette pensée avait toujours eu le même effet sur sa personne : un sourire, un haussement d’épaules. Il n’y avait rien de plus faux. Si ses sentiments pour sa meilleure amie avaient été incontestables, il avait toujours su qu’il y avait plus en jeu. Plus que quelques heures en sa compagnie, plus qu’un simple concours de circonstances. Actuellement, pourtant, rien ne lui semblait plus proche de la réalité. Il aurait pu subir, tolérer, tout admettre et consentir à n’importe quelle clause pour de simples minutes, d’insignifiantes secondes en sa compagnie. Dès lors, il était considéré comme faible. Ayant un accès direct à toutes les pensées des loups constituant la meute - et eux aux siennes - il connaissait leur position sur le sujet. Blodwyn ne disait rien, elle ne voulait tout simplement pas en entendre parler. Il lui arrivait d’ailleurs fréquemment de prier l’alpha de diriger ses pensées dans une autre direction. Phyllis n’en avait jamais parlé, et n’en parlerait plus. Conrad était, sans doute aucun, le plus franc et certainement le plus obtus, le parfait petit intraitable. Cependant, ils avaient parfaitement raison. Alexander en était lui-même conscient. Personne ne pouvait en être plus conscient. Son histoire avec Lisbeth, les attaches qui le ramenaient toujours à elle, toutes ses pensées convergeant vers elle. La seule et l’unique... Une trahison. S’il appréhendait l’avenir de la meute, l’avenir des innocents à qui elle devait une infinie protection, c’était les lendemains éloigné d’elle qu’il craignait d’avantage. Comment pouvait-il se permettre une telle faiblesse ? Rien n’excusait un comportement aussi vil. Rien, excepté la virulence des sentiments qu’il lui nourrissait depuis de si longues années.

    Un soupir s’envola dans l’air frais de Babylon. Ses réflexions l’avaient emmené dans les recoins les plus sombres de son subconscient et il savait, pour s’y être un bon nombre de fois égaré, qu’il n’en sortait jamais indemne. Chaque fugue dans les souvenirs, chacune de ses évasions étaient une douleur si intense qu’il craignait d’en ressortir totalement brisé, l’âme ébréchée. Un geste furtif, un simple contact de la main droite sur sa nuque, et il abandonna ses pensées. Ses yeux se rivèrent sur une Lisbeth affaiblie, gisant sur les marches de la petite chapelle. Il s’était laissé emporter par les nuances de sentiment qui l’avaient envahi. Le soulagement, la surprise de se retrouver en face d’elle. La déception, également, ayant pleinement conscience des années perdues, celles qu’ils ne pourraient jamais recouvrer. Etouffant un grognement qui prenait déjà origine dans sa gorge, le jeune loup s’approcha lentement, s’accroupit sans un bruit, alors qu’elle tentait déjà de le repousser instamment.

    ALEXIS ; « Tu es blessée... »
    LISBETH ; « Va t’en. »

    Un souffle. Glacé, dur comme le marbre. Il le balaya d’un mouvement de tête, mais il revint, plus insistant encore. Etait-ce la douleur qui l’alanguissait ? Les plaies, aussi rouges que le sang dont elle s’abreuvait, aussi enflammées que la nuance de ces yeux ? Etait-ce lui ? Fol espoir. Etait-ce lui qui lui avait coupé le souffle, qui l’empêchait de se relever et de s’enfuir ? Lui, encore, qui la retenait, lui remémorant leur histoire, ce qu’ils avaient toujours partagé, tout ce qu’ils n’avaient jamais confié à d’autres ? Parcourant ses traits, à la recherche de réponses qu’il ne parviendrait à déceler, il s’appliquait à évacuer son esprit, à respirer calmement, sans plisser les narines sous l’odeur acariâtre. Le relent était insupportable, si acerbe qu’il lui semblait être constitué de feu. Ce n’était pas Lisbeth, dont le parfum - bien qu’il ne fût véritablement agréable pour le lycanthrope qu’il était - n’était pas si violent, car il avait appris à y déceler les traces de celle qu’elle avait été autrefois. Non, il s’agissait d’un autre, plus sanglant, qui lui était parfaitement inconnu. Probablement celui qui avait laissé ses marques sur la peau meurtrie de la jeune femme. Ses yeux s’y heurtèrent une nouvelle fois. Lisbeth grimaçait sous la douleur, tentait vaguement de les masquer, de montrer bonne figure. Peut-être pensait-elle qu’il obéirait à sa requête, et qu’il la laisserait là, en proie aux autres membres de la meute. En y méditant, aucun n’oserait s’approcher d’elle. Alexander n’avait encore prononcé l’ordre formel, et il n’était pas nécessaire de le faire. Ils avaient compris. Ils n’essaieraient pas. Il l’espérait, du moins.

    ALEXIS ; « Tu ne veux pas que je m'en aille. »

    Il semblait si sûr de lui, presque arrogant. Si ses besoins étaient les mêmes, s’il ressentait les mêmes envies que lorsqu’ils étaient enfants, tous ses idéaux, ainsi que sa propre personnalité, avaient changé. Alexander était connu pour sa discrétion, son amabilité à toute épreuve, avant tout. Pourtant, ses proches le connaissaient mieux, bien qu’ils ne parvinssent pas toujours à déceler tous les mystères de sa personnalité. A présent, ces traits secrets s’étaient raffermis. Il était plus confiant, plus passionné ; il se lançait corps et âme dans la lutte acharnée contre leurs ennemis mortels, il se battait violemment contre les réclamations de son coeur.

    ALEXIS ; « Qui a fait ça ? »

    Il s’était approché, installé à ses côtés, s’appliquant à ne pas l’effleurer, détournant les iris. S’il s’autorisait un regard, il ne saurait très rapidement plus où se trouvait les limites. Comme la dernière fois. Oui, il ne demandait que cela. Se perdre, dépasser les limites.
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Lisbeth B. O'Connor
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MessageSujet: Re: « who's left and who's leaving ;; LISBETH   Jeu 2 Juil - 16:49


      DAMNPRECIOUS23
      Oh well, I don't mind, you don't mind
      'Cause I don't shine if you don't shine
      Before you go, can you read my mind ?


    ALEXIS ; Tu ne veux pas que je m'en aille.

    La jeune femme leva les yeux vers lui, surprise de son élan de confiance. Les rares fois où ils s'étaient retrouvés ces derniers temps, même s'il paraissait bien plus dur, plus fermé qu'auparavant, il n'avait jamais paru confiant avec elle. Et pour cause, rien n'était comme avant entre eux, quoi de plus perturbant. Aucun n'osait réellement s'avancer sur les intentions de l'autre, ils ne pouvaient plus lire leurs pensées respectives comme lorsqu'ils étaient gosses et qu'Alex parvenait toujours à deviner à l'avance quand sa meilleure amie préparait un mauvais coup.

    LISBETH ;

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MessageSujet: Re: « who's left and who's leaving ;; LISBETH   

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